soupe-hello-fresh.JPGQuand ton mari a une initiative, tu ne peux pas refuser, déjà, c’est rare.
En plus, vu ta menace de ne plus jamais cuisiner dès sa pension*, arguant que c’est chacun son tour (encore faut-il qu’il vive très vieux pour équivaloir mes 35 années d’abnégation aux fourneaux), il a réagi et accepté de suivre un cours de cuisine, il est temps de faire profil bas voire admiratif devant tant d’investissement !

D’autant qu’il s’avère élève béotien enthousiaste dans l’apprentissage de la cuisine gastronomique, goût initié très jeune, mais côté client, par son père au travers d’épopées familiales orgiaques dans toutes les étoiles de France mais modérément pratiquées à domicile. 0ui, je peux être fielleuse.

Bon mangeur et en plus de type « je peux manger ce que je veux, je ne grossis jamais », le salaud, depuis septembre, il s’amuse donc consciencieusement tous les mercredis à cuisiner en bonne compagnie et m’apprend, non sans ostentation et fierté, termes et procédures moi qui suis une one self woman question culinaire et fonctionne au radar, à l’intuition et au goût.

Chacun sa méthode.

Voilà qu’un collègue le parraine pour une semaine de Hello Bouffe** à prix promotionnel, qui le tente, menacé qu’il se sent dans sa tranquillité bonhomme de consommateur béat suite à ma tendance éducative de plus en plus régulière de le laisser établir la liste de courses et donc les menus à venir. Pourtant, je prends sur moi, car hors ordres, le cerveau mâle a du mal à anticiper achats diversifiés et assortiments subtils y afférents et anticiper tout court qu’il faudra penser au repas avant d’avoir faim.
Il voit donc une solution cartésienne assez évidente à mes soucis quotidiens qui sont, enfin, progressivement devenus les siens.

Bien joué Bobonne !

Et franchement, c’est lourd, faire la liste des courses en réfléchissant aux menus potentiels pour la semaine : moi ; faire les achats en rentrant du boulot : lui mais pas toujours, (déjà, c’est chiant mais en plus une fois sur deux Bobonne trouve à redire) ; cuisiner : moi, sauf lassitude, ou carrément envie de se faire "gâter" (plus souvent au propre qu’au figuré).

Oui, l’un et l’autre aimerions voir ces corvées simplifiées.

La première livraison de cinq menus (choix parmi douze) arrive en temps et heure dans un grand carton gaufré garni de cinq barquettes en papier cartonné sans encre et d’une enveloppe avec les cartes de menu.
Titres et photos sont alléchants, composition et procédure claires.

Comme un soupçon de jouissance m’envahit ou plutôt une chape de charge mentale disparaît et me laisse aérienne tel le papillon s’extirpant de sa chrysalide !
Trop merveilleux, une semaine sans réfléchir, tu suis ou fais suivre une recette simple (la moyenne est de 35 minutes) dont tous les ingrédients sont prévus.

Évidemment tu choisirais ce qui change ton quotidien, tant qu’à faire.
Malheureusement, le premier jour ressemble exactement à ce que tu fais d’habitude mais avec réduction drastique de protéines animales.
Le deuxième jour, tu te retrouves avec près d’un kilo de patates (pour 3 personnes quand même) à cuire directement, donc crues, dans la poêle ! Non mais, tu rêves ? J’en enlève quelques unes et cuis prudemment le reste à l’eau, quelques tomates cerises (légume récurrent et peu de saison comme presque tout ce qui est fourni question légumes) , un soupçon de poulet, une épice, sel et poivre que tu dois fournir et tu as... un repas pas du tout appétissant. Le fils a picoré les rares morceaux de poulet et laissé le reste soit un monceau de patates. Je ne vais pas faire les trois semaines en détail mais la plupart des menus sont des mix de légumes avec un minimum de protéines animales, ou pas.

L’orzo, les pâtes grecques en forme de grain de riz, est un des (de mes) féculents favoris, je commence rapidement à le détester tant il est mis à toutes les sauces.

Les flexitariens doivent être aux nues, j’aimerais apprécier leur paradis.

Mais tu crèves de faim.

L’originalité réside en l’ajout de quelqu’ ingrédient ou épice plus ou moins inhabituel.
Mais, censé compléter l’apport de protéines, tout ce qui est fruits secs à hacher fait peur car il suffirait d’un morceau pernicieux se logeant au mauvais endroit d’un sillon dentaire pour me péter une dent de plus, alors je les mange bien consciemment en apéro en croquant avec prudence.
Perso, je ne suis pas les recettes si j’estime qu’elles sont douteuses.
Or, ils aiment nous faire cuire les légumes crus huilés directement au four (sans le moindre blanchiment préalable ce qui prend du temps, des watts et une surveillance étroite), et donc le mari, en apprenti obéissant, a carrément foiré du chou-fleur et des patates douces qui ressemblaient à des légumes racrapotés*** et qui ont pris des plombes non écologiques à atteindre une dessiccation vaine.

Malgré ces embûches, l’homme crée l’exploit avec la réalisation parfaite et délicieuse d’une soupe de type asiatique (voir photo) qui nous rend confiance.

Alors, quel est le bilan ?

Une amie m’a dit tout de go, « beaucoup d’emballages » et effectivement, pour l’hygiène, c’est bien, pour la nature beaucoup moins, c’est vrai qu’on peut rendre les caisses mais que deviennent-elles ? Ça m’étonnerait qu’ils les resservent, trop dangereux avec l’AFSCA**** clairement au taquet ces temps-ci (et tant mieux) . Quant aux petits contenants cartonnés, c’est compost mais il reste beaucoup de plastique et barquettes en polystyrène.
On doit avoir les ingrédients de base chez soi (huile, sel, poivre, cubes de bouillon, etc. ) , mais je pense qu’il devrait être envisageable qu’ils fournissent leurs épices et ingrédients favoris en plus grande quantité pour le(s) mois. Les temps de cuisson sont bizarres et même l’homme a eu des illuminations en arrêtant la cuisson au four dramatique des bouquets de chou-fleur pour une cuisson plus classique et mangeable.

Mon chauffagiste de passage m’a lâché un laconique, « pas assez de barbaque » ! Et effectivement, de 50 à 100 g maximum par personne même quand c’est du poisson, c’est juste.
Ok, ça compense avec noix et fromages mais avec un plafond de 800Kcal par portion, si tu déjeunes et soupes léger, tu fais régime.
Donc, compter deux portions pour tout adulte actif physiquement et donc 2X7€ par personne dans ce cas. Un plat du jour dans une brasserie...

Nous sommes passés à trois repas par semaine ce qui permet de continuer à manger plus masticatoire et consistant et n’est pas envisagé par notre fournisseur.

Ma conclusion est que le système peut clairement plaire aux personnes qui pour une raison ou une autre renâclent ou ne peuvent se déplacer ou n’ont guère le temps de se composer et d’acheter un menu autre que steak-frites-salade ou équivalent.

Mais il s’agit d’un repas, sans entrée, sans dessert, quid des autres ?
Je ne peux préjuger à qui s’adresse Hello Bouffe, à tout le monde qui de temps en temps veut alléger sa charge, le jeune couple qui travaille 12/24, les Bobonne et Papy qui n’ont plus envie de se déplacer, les malades, les handicapés...

Hello Bouffe, si tu choisis bien les menus, c’est pas mal...

Il faut quand même avoir une évaluation écologique, oui, Bobonne se questionne.

* Retraite en Belgique, dès 65 ans probablement porté à 67 pour le commun des mortels 
** Toute ressemblance avec une société existante pourrait ne pas être fortuite.
*** Racrapoté Pour moi, dit tellement ce que ça veut dire ...

Un petit coup d’œil aux nouvelles sexas célèbres : Ellen De Generes et Jeanne Mas

Facebook

La discussion continue ailleurs

URL de rétrolien : http://accessit.be/index.php?trackback/103