ougree.jpgAujourd’hui, il fait gris... comme à peu près tous les jours de janvier, et aussi tous les jours de décembre.

Et pourtant, c’est à chaque fois différent.

Le ciel est plus ou moins chargé, il pleut plus ou moins fort, les arbres se balancent doucement sous la brise ou résistent à la tempête. Le soleil fait quelques apparitions (si, si ! observez bien !) et, comme les arbres verdissent déjà légèrement (il n’a – presque – pas gelé) ils forment un joli contraste de couleurs avec le gris presque uniforme du ciel.

L’autre jour, dans la cour du théâtre, j’ai entendu chanter un merle. C’est mon petit rendez-vous de début d’année, il est toujours le premier à chanter, et me rappelle qu’un jour, le printemps viendra.


Quand j’enfourche mon vélo pour aller faire mes courses à la ferme, ou répéter au théâtre, ou simplement me promener, je respire.

Vous, les automobilistes, vous ne savez pas...

Au coin de la rue, ça sent le feu de bois. rue de l’Étuve, odeurs de lessive (devant le lavoir), puis de café – on torréfie chez Meers. Le long de la Meuse, odeurs d’eau, de poisson, de mazout, ... Parfois, avant la fermeture de Cockerill – pardon, Arcelor-Mittal – selon la direction du vent, ça sentait l’usine, une espèce d’odeur d’oeuf pourri.

Même ça, j’aime bien.

Ces odeurs-là me rappellent mon enfance à Jemeppe s/Meuse*, quand je jouais dans le terrain vague derrière chez ma grand-mère, avec les enfants du quartier. On emmenait une couverture, une poupée, et un sac plein d’accessoires très importants : mouchoirs, vieux flacons de parfum, petits savons, bijoux et colifichets divers. Puis on s’installait une petite « maison », et c’était parti. On était ailleurs, partout, sauf dans le terrain vague près des usines.

A l’horizon, des terrils noirs.

terril.jpgMon oncle et mon père me racontaient qu’un jour, après la fin de l’exploitation du charbon, les terrils** se couvriraient d’arbres. Je n’y croyais qu’à moitié, mais j’y repense à chaque fois que je m’y promène. Et quand mes enfants étaient petits, nous y avons passé des heures ; moi, en promenade, eux en exploration. Ils jouaient aux « aventuriers » et y découvraient des traces de dinosaures.

Les paysages industriels me fascinent, qu’ils soient ou non en activité. Dans la région, et depuis la fermeture des hauts-fourneaux, l’activité s’est fortement réduite.
Petite liste non exhaustive : Cockerill***, bien sûr ; la rive gauche, entre Liège et Huy ; dans la vallée de la Vesdre, il y a bien sûr les anciennes usines de Prayon (« Château Prayon, Château Prayon, ... » voilà, maintenant, vous avez l’air en tête pour la journée ! - et moi aussi...), et les filatures de Pépinster ; du côté de Chênée, les anciennes usines Vieille Montagne ; etc. etc.
Les chemins autrefois fréquentés par les travailleurs, d’abord à pied et à vélo, puis, de plus en plus, en voiture, sont maintenant beaucoup plus déserts et silencieux. Et sur les trottoirs, on voit grandir toute une flore sauvage. Un peu comme sur les terrils, finalement...

Voilà, j’étais partie pour vous parler du Blue Monday, et j’ai dérivé... bof, le Blue Monday, hein ? D’abord, il était gris, ce Monday, ensuite le lendemain, figurez-vous, le ciel était bleu, et de toute façon, le cafard, tout comme le bonheur, ça ne se commande pas, pas vrai ?

On ne se fabrique pas un petit bonheur à coup de chasse aux soldes dans les magasins, pas plus qu’on ne s’y console d’un grand coup de cafard. En revanche, une petite promenade sur le terril, ou quelques coups de pédale, en respirant un grand bol de bon air... je trouve ça pas mal efficace !

* Jemeppe-sur-Meuse dépend de la commune de Seraing, décor favori des cinéastes les frères Dardenne et un peu aussi de ce billet.
** J'ai trouvé un chouette site sur, entre autres, la recolonisation des terrils par la nature : Pays des Terrils avec dossier pédagogique intéressant pour les adultes aussi !
*** Photos de Bobonne Dominique.

erasme-turlg.jpgVous avez lu le billet blanc de Dominique Donnay, une Bobonne (presque) comme les autres. Pendant deux saisons, j’ai partagé avec elle la vie de la troupe du Théâtre Universitaire Liégeois pas encore Royal, et lors de nos tournées en Belgique, Allemagne, France et Italie avec le spectacle de création collective "Erasme ou éloge de la folie", j’ai pu apprécier sa malice sous des dehors sages plutôt trompeurs.
Historienne de formation puis traductrice après un second master, animatrice de ludothèque, vendeuse à la librairie La Parenthèse, secrétaire de rédaction pour une revue scientifique, et, par intermittence, chômeuse (sic, dingue non ? NDLR) puis co-directrice du TURLG pendant 10 ans jusqu’à sa récente pension, elle aime à penser que : " Je n’ai jamais eu d’autre plan de carrière que de faire ce que je pouvais avec ce que j’avais, et surtout, de ne pas me laisser envahir par mon travail."
Toujours comédienne et metteur en scène avec passion, accordéoniste, grand-mère, elle n’est pas prête de s’ennuyer cette super Bobonne !

Petite pub pour les ateliers théâtre (enfants, ados, adultes) : ici

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