30/09/2018

Saison 2.30 : Antispécisme ...

insectes.jpgEn résumé bobonnesque*, l’antispécisme est une philosophie, concept, courant de pensée, qui prône que l’être humain est un animal comme les autres et qu’il est inconvenant de faire du mal à un congénère.
Je n’ai aucune agressivité envers la gent animale mais vraiment, ’faut pas qu’ils m’emmerdent non plus, et sur le coup, j’y inclus les bipèdes homo sapiens mais ça c’est une autre histoire, on connaît le franc-parler de Bobonne qui, selon les tristes présages de sa mère, mourrait seule...

Ce n’est effectivement pas exclu.

Pour le moment, elle apprécie encore le plaisir grégaire de la fréquentation d’humains, à condition que ses frères et sœurs à six pattes ne l’envoient pas ad patres prématurément !

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08/04/2018

Saison 2.20 : Ordre et méthode

meli-melo.jpeg"C’est voluptueux, de ranger ; mais c’est tuant." Françoise Giroud*

Cette satisfaction de passer du capharnaüm à un ordre militaire m’est bizarrement chevillée au corps.

Bien que je renâcle à m’y mettre, car effectivement, ça demande un investissement en temps proportionnel au laisser-aller que mon état naturel de procrastination dans le domaine induit ; une légère excitation m’envahit quand enfin le corps suit le cerveau et m’incite à passer à l’action.
En effet, la jouissance de vêtements rangés par genre, couleur ou même taille vu les fluctuations pondérales de leur propriétaire, la facilité de repérer livre, disque ou CD classé par ordre alphabétique, le soulagement de trouver la clé de 10 là où elle est supposée être, sont d’agréables sensations bien éphémères pour Bobonne puisque comme les coquelicots fraîchement cueillis, elles ne durent que l’espace d’un instant, celui qui suit immédiatement le rangement rapidement ruiné par des mains indélicates et totalement rétives à toute remise en place.

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05/02/2018

Saison 2.15 : Une journée ordinaire

versus-apple6.jpgJe me lève et je ne bouscule personne.
Je pars à tâtons à la recherche de mon G, c’est comme ça qu’on appelle un téléphone portable en Wallonie -ne vous méprenez pas- afin de voir si l’effet de mon somnifère (attention à l’addiction combien reposante pourtant) a pris fin à une heure raisonnable.

Malgré les ondes nocives et la potentialité d’une combustion spontanée dudit appareil, Bobonne a passé sa nuit, six heures de sommeil continu, c’est satisfaisant mais peut mieux faire (un mauvais sommeil étant gage d’une impressionnante liste d’effets secondaires si on en croit la médecine).

J’endosse le peignoir élimé qui connut son heure de gloire mais dans lequel je me sens si bien ! Sortir et nourrir chien et chat avec des croquettes pas recommandées par l’ensemble du corps vétérinaire et enfin prendre le petit déjeuner.

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17/12/2017

Saison 2.8 : La crève

thermometre.jpgOn devait le secouer sans le casser pour s’assurer que le mercure redescende bien sous le fatidique nombre 37. Même si une petite montée de fièvre pouvait paraître très intéressante pour l’attention que tu allais susciter, à l’âge où tu n’as guère le pouvoir sur ce qu’on fait de ton corps, la pose du thermomètre, que tu n’es pas encore censée pouvoir garder sous l’aisselle, était somme toute excessivement désagréable. D’autant que la lune à l’air, l’engin fiché dans le fondement à la merci, au mieux, du moindre pet ne me semble rétrospectivement pas une technique énormément plus fiable.
Éventuellement, un peu plus âgée, tu pouvais le tenir sous la langue mais étant donné les potentialités de son usage précédent, le dessous de bras restait l’option la plus convaincante.

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18/10/2017

Semaine S : La der.

der.jpgLes toutes premières fois on ne s’en rend compte que passés deux, trois ans. Plus tard on les lit sur le carnet de l’ONE ou on les entend de la bouche émue de sa famille, premier sourire, premier mot, première dent, premier pas...

Puis il y a toutes celles qu’on attend vraiment, il y a notre première rentrée scolaire, notre premier frère ou sœur, notre première écriture lisible, important, le premier livre qu’on comprend.

D’une manière générale, pendant l’enfance, il n’y a que pléthore de premières fois agréables si on exclut, chute, bobo, fessée, punition, dentiste et visite médicale, le monde à découvrir tend les bras et les libertés augmentent. Les restrictions handicapantes, des "ders" donc, disparaissent, les derniers lange, petit pot, ou autre chaise haute emprisonnante, mais tu ne t’en rends pas vraiment compte tant ta vie est tournée vers tout ce que tu peux enfin faire.

Il n’y a pas beaucoup de dernières fois catastrophiques, au contraire.

Un jour, on te laisse jouer sans être surveillée, tu peux aller à l’école et rouler à vélo seule, des fois on te demande même ton avis.

A partir de 10 ans, la vie est cool.

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02/10/2017

Semaine S-2 : Mon ardente !

IMG_20171004_0001.jpgLongtemps j’ai été persuadée que tu étais la plus belle au monde, toujours gaie, bien mise, on ne s’ennuyait jamais en ta compagnie. Dès que j’en ai eu le droit, d’un pas vif et presque haletante, je pus découvrir un de tes jardins avant d’autres recoins.

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06/09/2017

Semaine S-6 : Le grand déménagement !

déménagement-2.jpgJe ne me rappelle pas de mon premier déménagement, j’étais bébé et il s’agissait de traverser la rue pour rentrer dans la maison familiale que mon père avait rachetée à sa fratrie.
J’adorais cette grande maison où les deux générations précédentes avaient laissé ce qui les encombrait dans un capharnaüm presque inextricable au grenier et dans une moindre mesure en cave où bizarrement de vieux livres moisissaient dont un traité de "Constructions civiles"* qui me rendit souvent service et a encore une place d’honneur sur mon bureau.
Ces étages extrêmes étaient un terrain d’aventures et découvertes sans cesse renouvelées, des chemises sans col à très longs pans (revenant la mode à ma plus grande joie d’ado) à double manchette nécessitant des boutons dorés, au smoking et haut de forme avec gilet brodé, des meubles en acajou injustement mis au rebut, des vieux jouets, le coffre de guerre de mon aïeul sur lequel le nom était peint en blanc à la main et un violon que j’écrabouillai d’un pied maladroit, une vraie liste d’objets laissés pour compte digne de la "Complainte du progrès " de Boris Vian **!

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28/08/2017

Semaine S-7 : Spécial mode

mode.jpgAussi loin que je m’en souvienne, la mode ne m’a jamais intéressée, évidemment je l’ai suivie à mon corps quasi défendant, des pattes d’ef’ aux corsages tapisserie en passant par les épaulettes, de l’orange au jaune puis le rouge, le court, le long, le trois-quarts, jusqu’à ce que l’influence se soit calmée depuis que la mode populaire prend des voies diverses et parallèles ou alors, je m’en fous définitivement.

Les magazines uniquement "féminins" m’affligent, surtout quand il n’y a que ça dans les salles d’attente, donc je n’en feuillette que quand je suis obligée. Ce qui m’énerve encore plus c’est quand les journaux classiques se croient obligés d’éditer un supplément spécial gonzesses.
Et c’était le cas ce weekend.
Sur la couverture, en robe lamée sous une doudoune au milieu de feuilles bien vertes et estivales, elle ouvre la veste pour m’inciter à ouvrir la revue.
Je me laisse tenter, c’est samedi je suis relax et je sirote mon thé.

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23/08/2017

Semaine S-8 : Si j'avais un marteau ...

vervoz.jpgOn ne peut pas dire que je proviens d’une famille de bricoleurs ou alors ils étaient discrets !
Mon grand-père devait bien l’être un peu par nécessité tant pour entretenir jardin et poulailler mais surtout pour assouvir sa grande passion, la colombophilie, mais mon père, son beau-fils, bien que se le prétendant s’est contenté de me montrer, avec une foreuse manuelle, on savait se donner du mal, comment forer, mettre une cheville puis une vis pour pendre un cadre.
Moi, assembler, construire, j’aimai, et dès mes premiers Legos, j’accrochai.

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31/07/2017

Semaine S-11 : Mon beau miroir ...

miroir.jpgDans la maison de maître familiale construite en 1898, les miroirs avaient une place de choix sans doute décidée par mon arrière-grand-mère et la mode de l’époque.
Totalement ceints d’encadrement plus ou moins mouluré et/ou doré, les trumeaux de cheminée des belles pièces en étaient décorés offrant un contraste plus aérien au manteau habillé de lourds marbres travaillés qui entouraient le foyer soumis à leur pied.

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24/07/2017

Semaine S-12 : Femme sous pub imposée.

tshirt.jpgQuand j’étais jeune, les "réclames", c’était plutôt marrant, les pignons peints des maisons nous distrayaient durant les voyages en voiture toujours trop longs à notre goût, dans les magazines il y avait de chouettes dessins et mises en scène et celles d’avant-film au cinéma servaient d’apéritif agréable au moment impatiemment attendu où le lion allait rugir !
Il ne faut pas croire que les publicitaires étaient en reste de ruse pour capter l’achat de la ménagère, déjà à l’époque, ils se servaient des enfants.

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13/06/2017

Semaine S-18 : T'as beau pas être beau...

moche2.jpgNier l’exigence de beauté du monde vivant est carrément nier la pérennité de sa reproduction.
Les végétaux, les animaux, des hommes et femmes plateau en passant par les longs cous birmans, aux horribles mutilations et contraintes diverses, partout sur terre on se pare d’atouts ou même, pour les humains, se torture pour plaire, pas une société qui n’ait ses critères de beauté.
Parfois même on se sous-alimente pour y parvenir.

La plupart des bébés naissent avec un a priori "adorationnel" et inconditionnel familial pour ce petit être affrontant la vie avec ses tares et avantages génétiques, j’appartins heureusement à la catégorie "beau bébé", ce qui voulait dire dodu, et je n’eus donc guère de séquelles psychologiques inconscientes comme deux connaissances ayant été clairement déclarées laides à la naissance par leur entourage, malgré tout devenues très avenantes, rien n’est donc jamais perdu.

Mais une fois que l’enfant quitte le cocon familial, les critiques fusent et la construction d’un moi satisfait passe par beaucoup d’épreuves.

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31/05/2017

Semaine S-20 : Quel cinéma !

Mgmlogo_new.jpgLa belle entrée du cinéma Palace du Pont d’Avroy, les ouvreuses, les dorures, les sièges de velours rouge, les eskimos et surtout ce film, La mélodie du bonheur, rendirent ma première séance évidemment inoubliable et moi définitivement fan inconditionnelle des comédies musicales même si les gens commencent à chanter de manière inopinée à tout bout de chant champ.

Si à l’époque, le fait d’habiller la famille Von Trapp en deux temps trois mouvements de tentures fleuries (même les garçons !) ne me parut pas plus incongru ni impossible que ça, mon esprit définitivement critique s’aiguisant avec l’âge, je souffre d’une tare très énervante.

Les erreurs, les incohérences et les impossibilités dans les films m’agacent !

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22/05/2017

Semaine S-21 : T'es pas comme nous !

clan.jpgL’être humain a l’esprit grégaire, je ne sais si on doit vraiment s’en réjouir quand on voit ce que ça donne.
Jusque là innocent, l’enfant commence l’apprentissage de la vie en société dès qu’il quitte le giron familial pour l’école et pour les moins veinards, la crèche.
Je considère avoir eu de la chance car je n’ai découvert le cruel microcosme enfantin qu’à partir des deux derniers trimestres de troisième maternelle.
Et le choc fut rude.

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24/04/2017

Semaine S-25 : Douce France

france.jpgPremier pays touristique au monde, mon deuxième pays, lieu de nombreux séjours toujours plaisants.
Je n’irais pas dire que j’en connais tous les recoins mais j’en ai déjà vu beaucoup.
Des premiers souvenirs concrets de vacances, j’en garde le grand départ avec les parents stressés pour ne pas dire en dispute, l’un regardant le planning et les valises bondées de l’autre comptabilisant les dernières choses qu’ils ne faut pas oublier, nous impatientes de déjà y être et installant sur la banquette arrière les limites à ne pas dépasser particulièrement lors du dodo de nuit où les coups de pieds volontaires et involontaires se perdaient.

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17/04/2017

Semaine S-26 : La foi.

bapteme.jpgAlors que plus d’un tiers de la population mondiale est censée fêter la prétendue résurrection d’un homme crucifié il y a deux millénaires, il m’a semblé logique d’aborder ce sujet qui a quand même bien occupé une partie de ma vie.

A cinq jours je suis devenue catholique, vagissant pour l’occasion, expression sans doute inconsciente de ce mécontentement de me faire ainsi embrigader à mon corps défendant, à moins que cette aspersion glacée en plein octobre m’ait carrément agacée ! A l’époque le baptême était fait le plus vite possible après la naissance pour éviter qu’un bébé mourant précocement ne termine dans les flammes de l’Enfer sans avoir reçu l’onction divine !

Je ne me rappelle évidemment pas de cette première confrontation concrète à la religion mais bien des messes hebdomadaires obligatoires qui s’en suivirent et qui étaient un spectacle à part entière. Il faut dire qu’à l’époque la mise en scène était marquante.

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10/04/2017

Semaine S-27 : Architecte, quel beau métier !

architecte.jpgÇa y est ! Après bac plus cinq et un chouïa, je me retrouve avec ce précieux diplôme sésame d’une carrière mirifique dans ce beau métier tellement bien considéré à constater le nombre de fois où un héro de film est architecte, généralement aisé. C’est là où la réalité est loin de la fiction !
D’abord, il fallait trouver un stage (obligatoire) généralement mal payé pendant deux ans et si possible un client voulant exploiter euh, faire confiance à un jeune architecte, femme, à une époque où cela paraissait encore incongru. A l’annonce de mon métier, "je suis architecte", la réplique était pratiquement toujours "d’intérieur ?". Non, une vraie.

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03/04/2017

Semaine S-28 : C'est quand qu'on est vieux?

vieille-martinique.jpgC’est un peu comme au sujet de la beauté qui est bien entendu avant tout intérieure, l’âge est, paraît-il, une question de mentalité. Il suffit d’être jeune dans la tête et voilà, c’est réglé.
Sauf que non. 
Les pessimistes disent qu’on a l’âge de ses artères, ça ne veut rien dire stricto sensu, une étude assez édifiante prouve le contraire : des personnes de 38 ans peuvent avoir un corps âgé de 28 à 61 ans *!
Oublions donc toutes les avanies corporelles plus ou moins dues à notre génétique dans toute sa criante injustice y compris la triste dégénérescence neuronale et l’entretien défaillant ou magnifique de notre machine dû à des facteurs plus culturels et éducationnels.

Observons objectivement.

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27/03/2017

Semaine S-29 : L'anglais et moi.

anglais.jpgSi l’anglais moyen a un physique difficile à la Mr Bean, prince Charles ou Ed Sheeran, l’anglais qui fait fantasmer a plus la tête de Timothy Dalton, Jude Law et évidemment pour toute sexa normalement constituée, Sean Connery bien qu’il puisse être son père.
Mais je ne vais pas parler de cet anglais-là aujourd’hui ...
Non, pas l’anglais moyen dont les dents sont parfaitement conçues pour zozoter le "the" en sirotant le thé, la langue et la gorge assez souples pour avaler les "R" et l’esprit assez open pour inverser le sens logique francophone des mots, isn’t it ?

Non, je veux parler de l’anglais, la langue, et pas celle que d’aucuns auraient titillée in situ dans un échange linguistique bien nommé.

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