22/10/2018

Saison 2. 31 : Six, sex and sun

61.pngUn an jour pour jour que je suis entrée dans le club des S.
Des sots ?
Des sages ?
Des sexy ?
L’un n’empêchant pas l’autre, c’est dans le clan des Sexas, super évidemment, hélas plus volontiers appelés "seniors" par les médias, que je baigne aujourd’hui !
Et encore, senior, c’est quand ils veulent montrer un peu de déférence.
Sinon, on a droit aux "mamies de soixante ans" qui au choix, ont du mal avec l’ordinateur, la conduite automobile, l’utilisation d’une carte de banque...
Et puis quoi encore ?

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04/06/2018

Saison 2.24 : Plaisir et déplaisir

terrasse.JPGCe soir à la brune*, idéale, pas de raison de suer ni d’éternuer, le vrai beau temps pour la mi-nordique que Bobonne est.
La Belgique est le centre de l’Europe, peut-être, comme son nombril, si ça se trouve !
Je suis seule sur ma nouvelle terrasse à l’abri des regards avec une vue magnifique sur la campagne et des murs dans les anfractuosités desquelles des dizaines d’oiseaux ont créé leur nid et s’activent avec une constance qui laisserait pantois le moindre adolescent aux pouces sur-entraînés mais aussi tous les parents qui s’imaginent faire de leur mieux pour alimenter leur progéniture.

Ici , ça déménage et sifflote gaiement.

Sans dépose de préavis pour travail pénible : dans la nature on bosse sans calcul.

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24/04/2018

Saison 2.21 : Retrouvailles...

rheto-lm-75.jpgUne bobonne ça va, une smala, bonjour les dégâts !

Ce week-end, j’étais l’heureuse hôtesse des rencontres régulières de mes condisciples de rhéto* qui ont donc toutes fait, l’année dernière, ce grand saut de la fin du troisième au début du quatrième âge - comptez comme vous voulez, c’est la réalité mathématique - que nous fêtions enfin collégialement.

Ce ne fut pas sans anecdotes !

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05/03/2018

Saison 2.18 : La drague

drague.jpgDéjà le mot est péjoratif puisque ça veut dire racler le fond !*

Mais c’est celui qu’on utilisait le plus dans ma belle jeunesse pour décrire ce délicieux moment où le pauvre timide devait prendre son courage à deux mains pour ne fut-ce qu’inviter à un slow, une fille pas trop convoitée sirotant son soda attendant elle, impatiemment, de pouvoir se remuer les gambettes et arrêter de faire tapisserie.

Car même les filles les plus effarouchées aiment danser en couple alors que les garçons, même les plus fanfarons, sont souvent rebutés par cette notion de rythme à partager conjointement.

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06/01/2018

Saison 2.11 : La carte mystère

bonne-annee-2018.jpgIl a suffi que je parle de la disparition des bons vœux épistolaires pour que deux jours plus tard trois enveloppes me narguent dans la boîte aux lettres !
La première était adressée et Monsieur et madame Prénom Nomdemonmari.
Comment dire pour rester polie et ça me coûte : ça m’énerve !

Je n’ai jamais compris cette négation même de l’existence d’une personne, pourquoi une femme dès qu’elle est mariée devrait-elle perdre ses nom et prénom pour devenir la madame de Monsieur ?
Cette semaine, dans mon quotidien, c’était l’annonce du décès d’une Madame Prénom + Nomdumari sans même mention de son nom à elle, qui m’aurait bien poussée à apprendre à voler à la dite chronique nécrologique par le biais de la création d’un avion supersonique en papier journal !
Quoi ? Même sa mort est sans personnalité et réduite à la disparition de la chose du mâle !
Je n’ai jamais compris ça, je pensais que la galanterie laissait passer les femmes devant. J’ai toujours conservé mon nom sauf quand je téléphonais au sujet de mes enfants ou que je le combinais au nom de mon mari quand nous avions une communication commune à transmettre.

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29/12/2017

Saison 2.10 : Les cartes de Bonne Année

bonne-annee.jpgC’était avant tout un privilège de pouvoir y apposer ne fut-ce que sa signature. Je suis persuadée que j’ai pu y griffonner des "craboudjas"* bien avant que je sache écrire les huit lettres de mon prénom en majuscules tellenment j’aimais faire comme les grands.
Tout ce cérémonial me fascinait, sur la table de la salle à manger bien dégagée, outre son meilleur stylo dont l’encre pompée dégageait ce parfum minéral si particulier, on sortait des cartes plus jolies les unes que les autres, avec de la neige, des personnages heureux, des dorures et toutes ces choses kitsches qu’une enfant normalement constituée adorait mais en plus, selon l’importance du destinataire, on pouvait envelopper précautionneusement le double carton parfois lui-même garni d’intercalaire en papier calque translucide pour ceux qu’on n’appelait pas encore les VIP, c’est-à-dire les "patrons américains de mon père".

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11/10/2017

Semaine S-1 : Etre mère

famille.jpgSi mon jeu d’intérieur préféré était Lego, les poupées avaient leur place à temps presqu’égal. En ces temps immémoriaux, offrir une poupée à une fille était je crois le premier cadeau qui venait à l’esprit et j’en ai donc eu plusieurs mais "mon" beau bébé presque grandeur nature pour lequel ma grand-mère cousait ou tricotait des vêtements c’était Eric que j’aimais plus que tout.
Je suis donc devenue mère bien avant mes six ans.

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20/09/2017

Semaine S-4 : Couvrez ce sein que je ne saurais voir ...

nu-aurore.jpg...Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées. "*
La pudeur est culturelle, si dans l’hémisphère sud certaines tribus se promènent encore naturellement nus, dans les sociétés occidentales plus normalisées la nudité pose problème.
Enfant, dès qu’on n’était plus un bébé, on devait tout cacher, la piscine était un calvaire avec ces vestiaires communs où on devait se contorsionner habilement pour passer de la petite culotte au maillot sans que ce petit triangle et ces jolies fesses musclées ne soient vus d’autres filles qui avaient les mêmes sans compter les gesticulations ridicules pour mettre ou enlever son maillot à la plage enroulée plus ou moins vainement dans la serviette de bain.
Paradoxalement, on ne mettait pas systématiquement de bikinis aux fillettes et je reculai d’ailleurs l’échéance de cet accessoire bustier gênant jusqu’à ce que ma puberté heureusement tardive m’y oblige.

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13/09/2017

Semaine S-5 : La peinture à l’huile est-ce si difficile ?

nu.jpgComme tous les enfants je fus de suite intéressée par le dessin, l’activité coloriage étant fourguée abondamment tant à la maison qu’à l’école et dans les salles d’attente, oui, je pèse mes mots.
A part entraîner la maîtrise des doigts, et provoquer une certaine zénitude due à l’abrutissement d’une tâche inutile, je ne vois pas beaucoup l’utilité des "livres à colorier", sauf l’esbaudissement exacerbé des géniteurs réconfortés de féliciter le trait qui suit la ligne donc la règle... donc la société.
A l’époque, ce n’était ni en maternelle ni en primaire qu’on ouvrait vraiment l’esprit à l’art, la créativité et l’originalité.

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16/08/2017

Semaine S-9 : Voyage, voyage ...

taiwan.jpgCette période de transhumance me semble judicieuse pour parler d’une de mes activités préférées durant ces presque six décennies.
Enfant, j’ai eu la chance d’avoir des parents qui nous sortaient de Belgique mais pour pas très loin, Suisse, Espagne et bien entendu, le jardin d’Eden des belges, la France ! On ne peut pas dire que c’était la grande aventure mais de suite j’ai apprécié observer comment d’autres vivaient et ressenti l’impérieux désir de voir ça de près ... partout.

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18/07/2017

Semaine S-13 : Quand la musique est bonne !

chien-musique.JPGDans la maison familiale, il y avait un joli piano droit laqué noir muni de deux paires de chandeliers vaillamment monté au deuxième étage mais que personne n’avait jamais eu le courage de redescendre.
Installé dans ma chambre, je pouvais donc en jouer de manière totalement inculte une fois les trois morceaux que connaissait mon père acquis. J’avais créé mes propres partitions en marquant chaque touche d’une couleur au feutre afin de pouvoir rejouer mes sublimes créations depuis le petit carnet où je les notais consciencieusement.

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10/07/2017

Semaine S-14 : Notre tante Gaby à tous

gabrielle.jpgNuméro trois d’une fratrie de six, ma marraine Gabrielle était une très jolie brunette aux fossettes et sourire ravageurs, son optimisme jamais affecté par ses nombreux accidents et autres mehins* récurrents dont le premier, les freins de son vélo qui lâchèrent dans la très pentue rue familiale, lui occasionna une rencontre désagréable avec un mur et une fracture du crâne qui lui laissa des céphalées régulières à vie, ce qui lui valut le surnom d’Harbouya**.

Ma grand-mère paternelle étant décédée jeune en 39, elle s’occupa de ses frères dès 18 ans pendant la guerre en plus, sa grande sœur ayant peu la fibre maternelle. Accessoirement, elle sauva le p’tit Jojo, mon père, suspendu, au bord du lâchage, au-dessus des escaliers par ses trois frangins sans doute irrités par le cadet !
Elle trouva néanmoins le temps de poursuivre ses études et devint assistante sociale, métier combien prédestiné pour cette altruiste intrinsèque.

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18/06/2017

Semaine S-17 : La mer

mer.jpgJ’ai rencontré la mer que je ne marchais pas encore et il paraît que mes premiers mots furent "pieds-pieds, l’eau-l’eau", oui, j’ai parlé très tôt ceci expliquant certainement ma tendance récurrente à parler sans concision !

La veille du départ à la côte, c’était le branle-bas, il ne fallait pas me demander deux fois de préparer les jeux de plage.
Je dévalais prestement les escaliers de la cave où étaient rangés tous ces trésors sentant encore la marée.

La pelle, instrument majeur de mon esprit constructif, les seaux qui transporteraient l’eau nécessaire à la stabilité, un râteau et quelques formes pour la décoration composaient la base essentielle à des heures de plaisir dans le sable, sans oublier les billes, les restes de papier crépon, les tiges et fils de fer pour créer le plus beau des magasins de fleurs.
Pour les joies aquatiques, le masque à tuba incorporé, le petit canoë "Fina", et le filet à crevettes étaient incontournables.
Pour le sport, le jokari, les raquettes Donnay en bois et les patins à roulettes complétaient l’équipement.

On était paré.

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05/06/2017

Semaine S-19 : Lire, c'est l'avenir.

livres.JPGOn peut dire que ce fut une révélation, quand je compris que ma rentrée à la grande école allait me permettre de me passionner pour des histoires, télévision encore absente, sans dépendre de quiconque, je m’appliquai pour apprendre à lire au plus vite.

Mon premier livre fut "Oui-Oui au pays des jouets" écrit en bien grand et avec, j’imagine, un vocabulaire à ma portée mais qui m’intéressa peu, apparemment avec raison, puis assez vite, j’écumai tout bouquin mis à ma portée comme les vieux "Les malheurs de Sophie" de ma mère avec leurs illustrations d’un autre temps, bien qu’enfant assez sage, je n’eus aucun mal à me projeter dans les déboires de l’héroïne dont la curiosité n’avait d’égale que la mienne mais l’entraînant systématiquement dans des péripéties inattendues se terminant par punitions, fessées et autres sévices d’une éducation autoritaire effrayante qui avait un siècle.

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10/05/2017

Semaine S-23 : Ma cousine et les choses de la vie.

cousine.jpgMa cousine, plutôt rieuse de nature, nous a fait une sale blague il y a deux ans. A soixante ans, son cœur l’a abandonnée inopinément et nous avec.
Enfant, en attendant que je puisse échanger avec ma petite sœur, c’était avec elle que je communiquais le plus. C’était ma grande frangine, mon professeur des choses de la vie et quand on naît dans une époque où on pense peu à en informer les enfants, c’est précieux.

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13/03/2017

Semaine S-31 : La télévision, ma meilleure ennemie.

courrier-course.jpgJe suis née un an après le premier journal télévisé 100% belge à une époque où la RTB n’émettait que quelques heures par jour.
Ça fait vieux !
Tout comme me dire que ma grand-mère paternelle est née un an avant l’invention du cinématographe des frères Lumière (1895) et mon père un an après la sortie du premier film parlant (1927) !
Comme quoi, dans la famille, on sait reconnaître les dates importantes pour gaiement vagir dans ce monde impitoyable mais entouré de merveilleux télévisuel.

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06/03/2017

Semaine S-32 : Scoute toujours!

patrouille.jpgLe scoutisme a une aura mitigée. Entre les passionnés et les détracteurs, il y a pléthore d’arguments.
Ceux des contre : espèces de fascistes, attardés, démodés, cathos, de droite, etc.
Ceux des pour : le monde merveilleux des vie en société, partage, altruisme, respect des autres et de la nature, engagement, tradition, etc.
Ceux des ultra contre : pédophilie, uniformité, beuveries (ce qui devient vrai) et sans doute bien d’autres critiques.

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20/02/2017

Semaine S-34 : Ma sœur.

sabine.jpgIl y a vingt-cinq ans, le 17 février, tu disparaissais de ma vie.
Toi ma petite soeur fragile mais forte, timide mais drôle, toi mon unique fratrie alors que je me rêvais enfant de famille nombreuse, idéalement au milieu car ils bénéficient d’une moindre focalisation que les premiers nés et d’une moindre protection pathologique que les benjamins. Interprétation totalement subjective, puisque j’étais l’aînée et toi la cadette.

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07/02/2017

Semaine S-36 : Tu seras architecte, ma fille !

chute.jpgConvaincue par ma mère que les « bonnes » humanités que j’avais faites pouvaient me mener à un glorieux avenir d’architecte, je me lançai donc dans ces études malgré ces cinq années à réussir qui me paraissaient une éternité.

L’avantage de l’Institut Supérieur d’Architecture Saint-Luc était que ce n’était pas l’unif’ bien qu’offrant un diplôme équivalent au grade d’ingénieur architecte. Oui, bizarre d’aller se traumatiser à l’université alors qu’on pouvait s’éclater dans une école artistique pour le même accès à la profession.

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15/01/2017

Semaine S-39 : Mes profs d'humanités

chantal-soeur.jpgVingt ans de scolarité dans des écoles catholiques et quasi plus de temps passé sur cette période avec tes profs qu’avec tes parents, ça ne peut que marquer. Ils ont tous peu ou prou laissé un souvenir du sympathique au terrorisant en passant par l’insignifiant. Ce sont surtout les extrêmes qui me restent en mémoire.

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