bapteme.jpgAlors que plus d’un tiers de la population mondiale est censée fêter la prétendue résurrection d’un homme crucifié il y a deux millénaires, il m’a semblé logique d’aborder ce sujet qui a quand même bien occupé une partie de ma vie.

A cinq jours je suis devenue catholique, vagissant pour l’occasion, expression sans doute inconsciente de ce mécontentement de me faire ainsi embrigader à mon corps défendant, à moins que cette aspersion glacée en plein octobre m’ait carrément agacée ! A l’époque le baptême était fait le plus vite possible après la naissance pour éviter qu’un bébé mourant précocement ne termine dans les flammes de l’Enfer sans avoir reçu l’onction divine !

Je ne me rappelle évidemment pas de cette première confrontation concrète à la religion mais bien des messes hebdomadaires obligatoires qui s’en suivirent et qui étaient un spectacle à part entière. Il faut dire qu’à l’époque la mise en scène était marquante.

Particulièrement dans le village de mes grands parents où les femmes étaient encore séparées des hommes, la messe dominicale exigeait tout un apparat plutôt plaisant pour une enfant.

Bon Papa, outré de la trahison de certains prêtres pendant la guerre 14-18 qu’il avait subie dans les tranchées de l’Yser, avait décidé de ne plus mettre le pied dans une église (sauf obligation imparable) mais nous y conduisait néanmoins dans sa grosse Vauxhall aux sièges en cuir odoriférants. Outre les vêtements du dimanche, les soquettes et les gants blancs, on avait une petite sacoche dans laquelle prenait place un mouchoir parfumé à l’eau de Cologne, un chapelet dans sa pochette à pression, une piécette pour donner à la quête et bien entendu un petit missel.

Dans un décorum généralement kitschissime, tout en habits bordés de dentelles, le prêtre et ses acolytes dont je jalousais les prérogatives interdites aux filles, effectuaient ce cérémonial dévotionnel où les rites, les chants fervents et les odeurs d’encens devaient t’emmener tout naturellement vers l’exaltation métaphysique de la foi.

Même en ville, il y avait la procession annuelle pour fêter Marie et sans doute tous les saints. Ce beau cortège pieux déambulait gaiement mais religieusement dans les rues du quartier lançant force pétales de roses tandis que les seuils de fenêtre des paroissiens étaient garnis de fleurs et de statuettes. Une fois, notre Jésus, arboré sur la loggia du premier, non content d’être déjà crucifié, s’offrit un plongeon fatal vers les pavés de grès du trottoir, plus près de toi mon Dieu !

souvenirs.jpgA six ans commençait l’apprentissage du Petit Catéchisme* qui consistait surtout à apprendre et ânonner par cœur plusieurs dizaines de questions-réponses parfaitement accessibles à cet âge, genre « Qui est Dieu ? » ! Au terme de cet entraînement mnémonique, on avait droit à faire sa petite communion, dite « privée », qui te permettait enfin de goûter, à genoux et les mains jointes sous la nappe brodée, au bonbon à la sainte hostie et de rentrer, en toute conscience dans la famille de Dieu !
On recevait une médaille en or avec la Sainte Vierge (antonyme de sale pute Profane Impure ?** ) et quelques autres cadeaux bien chrétiens.

communions.jpgAprès deux années de catéchèse, on remettait le couvert cinq ans plus tard pour être bien certain qu’on faisait partie des ouailles catholiques consentantes à vie.
Je portais une couronne ridicule et une robe, seule égalité dans ces années-là, les garçons aussi !
Espèce d’entrée initiatique dans le monde adulte, les agapes (et les cadeaux) étaient encore plus grandioses, menu six services et premier verre de vin officiellement autorisé, le sang du Christ passait enfin dans tes veines !
Bref, tu étais définitivement une élue de Dieu puisqu’ayant l’âge de raison.
Mais justement.
C’est qu’au delà de ce choix obligé, on commence à réfléchir.
Et à observer.
L’avantage de l’adolescence est qu’on remet tout en question et en matière de foi, on a le choix.
Tu te rends compte que les fiers croisés avaient des objectifs de moins en moins légitimes, que des femmes furent brûlées pour sorcellerie « Vade retro Satanas ! », que les missionnaires portant la parole du Christ étaient prosélytes pour exploiter impunément les colonies (ce mot dit tout) et qu’à part les premiers chrétiens, martyres illuminés, l’Église a fait plus de tort que de bien.
Ça ébranle tes convictions.
Qui n’en sont pas.
Et c’est la brave sœur Loulou précédemment évoquée qui un jour nous dit : la foi, c’est croire et croire c’est ne pas être certain !
Révélation.
Va savoir pourquoi, je suis naïve (adjectif parlant) et c’est alors que la pièce tombe. Dieu n’est qu’une croyance humaine et n’existe pas même si ça aide à expliquer la création de l’univers, je parle du tout premier atome.

Mais surtout, tu regardes autour de toi et tu continues à voir plus d’injustices*** et d’horreurs faites au nom de la religion que de bien et surtout allant totalement à l’encontre du message de paix, pardon et amour officiellement véhiculé.

J’avoue, la liturgie avait évolué en quarante ans mais je constate un retour ahurissant à l’extrémisme chrétien moyenâgeux et ça me fait peur.

Et cela ne concerne pas que les chrétiens, hélas !

Pauvres sont ceux qui ont besoin de dieux pour vivre avant de mourir !

* C'est ce que j'ai trouvé de plus rapprochant, le pire c'est que ça semble récent : Petit cathéchisme catholique 
** Pardon ! Je n'ai pas pu m'empêcher.
*** Par exemple, l'affaire Joseph Hick lors de laquelle un évêque s'est plus montré successeur de Pilate que de saint Pierre en refusant d'intervenir auprès de l'école pour qu'il la réintègre malgré les preuves d'innocence.

Cette semaine, je mets en valeur une actrice au physique peu glamour mais que j’aime beaucoup dont la présence cinématographique montante montre qu’être sexa n’est plus un obstacle à la reconnaissance : Annie Grégorio

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Commentaires

1. Le 17/04/2017, 16:17 par Hobby001

À l'heure où les dénonciations d'individus pervers protégés par la soutane et les poursuites tapageuses se succèdent. Impossible de dissocier les églises des mauvais comportements de leurs représentants.

Certains l'ont revêtu pour le pouvoir, d'autres pour la notoriété, certains par obligation, d'autres par nécessité finalement plusieurs par conviction. Mais il demeure que l'habit de fait pas le moine.

Je suis convaincu que l'homme a inventé la religion pour servir l'humanité. Puis l'humanité l'a utilisé pour asservir l'homme.

Les pires moments de l'histoire humaine ont été le fait d'hommes mélangeant la politique et la religion. Les dieux exclusifs, les dieux guerriers, les dieux vengeurs et les autres icônes assoiffés de sang ont toujours servi aux castes dirigeantes d'excuses et de raisons pour assouvir leurs besoins les plus vils.

Maintenir l'humanité dans l'ignorance, refuser le droit à la connaissance, soumettre les peuples et aviliser la femme. Maintenir l'épuisement des adultes en exigeant un lourd tribut financier et familial passant , entre autres, par la production de masse d'enfants. Refuser le droit à la contraception, à l'avortement, le droit de vote et le divorce. Créer une relation d'inconfort et de refus de la richesse pour bénéficier honteusement des "pseudo surplus" ainsi créés. Ces comportements inquisiteurs du moyen-âge et d'avant sont aujourd'hui utilisés pour pousser à l'extrémisme les gens vulnérables et et ceux en mal de pouvoir.

Merci mais je passe mon tour en ce qui a trait à me faire manipuler en me maintenant dans l'innocence. La brebis innocente est toujours la première à se faire bouffer par le loup.

La discussion continue ailleurs

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