cover_etvoustumaimes.jpg Dans la distribution de prénoms, Bobonne a été plutôt gâtée pour son époque.
Il était dans le vent comme la robe Vichy, la bouche gourmande et les seins d’une certaine Brigitte aux initiales BB.
Simplement, je n’ai jamais été la seule Brigitte dans ma classe tellement le prénom avait inspiré mère et père, pour des raisons différentes j’imagine, entre projection et envie.
Il eut fallu que je répétasse un peu trop mon cursus scolaire pour ne plus croiser une seule Brigitte tellement le feu de ce choix parental fut ardent mais éphémère *.

J’ai échappé aux Colette, Christiane, pire, Josiane ou Monique voire Martine**, joli mais galvaudé grâce à une BD célèbre fort jouissivement détournée de nos jours et fais donc partie des (ex)enfants qui ont l’avantage d’hériter d’un prénom de leur époque, ni ringard ni ridiculement original, courage aux Cerise, ou subitement devenus la quintessence de la vulgarité prolétarienne, les pauvres Brenda et Brendon, ne parlons même pas des Kevin qui vivent un enfer immérité.

Tout n’est pas rose, la rime en « ite » excite (cherchez bien, vous allez en trouver des bien salaces) et les traductions du prénom semblent particulièrement favoriser l’imagerie populaire, car des variations linguistiques de Bridget Jones*** -aux questionnements n’ayant d’égale que sa grande culotte confortable- aux Birgit plus germaniques encore, évoquant le fouet et les cuissardes, une Brigitte se verra d’office entendre chanter jusqu’à saturation « Brigiiitte Bardot, Bardooot », enfin, par ses contemporains.

Mais outre ce célèbre sex-symbol à la comparaison duquel il était difficile de rivaliser, je partage ce prénom avec une belle brochette de femmes pas banales.

A tout.e seigneur.e (finalement, j’aime bien l’écriture inclusive) tout honneur, notre sainte patronne Birgitta Birgersdotter (1303-1373) qui après un mari, huit enfants et un métier (!), veuve, se consacra à un autre époux, imaginaire celui-là, quadruple sacerdoce qui me laisse pantoise, il y a des dévouées ! Ou tout simplement, son goût pour le voyage et sa créativité naturelle (de trois ordres quand même) ne pouvait, à l’époque, s’exprimer que dans une structure qui acceptait paradoxalement que les femmes agissent !
C’est une bonne patronne, je partage sa passion pour l’aventure et l’inventivité, mais pas pour la religion !

Manifestement, les Brigitte célèbres font souvent dans le provocant, ma (toujours) contemporaine la plus âgée et très libertaire, Brigitte Fontaine (1939), reste diablement moderne et a réussi le tour de force d’avoir la plus belle partie de sa carrière multiple réputée très "genérationnellement" à partir de l’âge de 60 ans.
Ça me laisse espérer.

Carrément sulfureuse et controversée, n’ayant pourtant pratiqué le cinéma X que quatre ans, Brigitte Lahaie (1955), s’est essentiellement recyclée dans la sexologie (je simplifie son parcours aussi original qu’une position du Kamasutra) présentée de manière non taboue mais avec un franc parler qui lui causa récemment des problèmes.
Je connais ça, la spontanéité maladroite.

N’oublions pas celle dont le patronyme semble annoncer ses adorables fossettes, Brigitte Fossey (1946), qui attendrit les chaumières dans « Jeux interdits » et illumine tout film dès qu’elle y apparaît.
Que dire de plus, si ce n’est que j’aimerais vieillir physiquement aussi bien qu’elle, mais sans bistouri ni acide hyaluronique, enfin j’imagine.

La Brigitte du moment est cependant sans conteste l’épouse du président français Macron, née Brigitte Trogneux en 1953, fait jaser beaucoup trop jalousement à mon idée. Trop de la balle, (enfin) une femme qui a épousé un homme de 24 ans plus jeune à l’âge de 54 ans qui plus est ! Toujours bien foutue mais pas exceptionnelle non plus, elle prouve quand même que les femmes peuvent séduire (aussi) par l’esprit, un beau mec, fin, intelligent et plein d’avenir.
Y a pas que les vieux riches qui peuvent se taper de la jeunesse, bordel !
Bravo pour tout, chère sexa, et fi des envieux !

Enfin il y a les usurpatrices, le duo les Brigitte redonnant, dans une magnifique harmonie vocale, au prénom une modernité inattendue**** peut-être propice à le relancer, qui aurait pu croire au retour en force des prénoms de mamy, Rose, Jeanne ou Joséphine ?

En ce jour de Sainte Brigitte (muté en 1969 du 8 octobre au 23 avril), comme elles, je vous demande :

Et vous, tu m’aimes ?

martine-brigitte.jpg* Tout sur le prénom Brigitte ici
** Pardonnez-moi, contacts et amies qui portent un de ces prénoms ! En même temps, qui aurait pu croire la réapparition des Marcel, Joseph et Jules, votre vengeance arrivera peut-être !
La collection des albums de Martine s'est achevée à 60 (tiens, tiens) ... Il reste les détournements, faites le vôtre ici ! 
*** Le journal de Bridget Jones roman, personnage de fiction née dans les sixties
**** Extrait d'une interview : D'où vient le nom de votre duo Brigitte ?
On trouvait intéressant d'avoir un seul prénom pour nos voix qui sont très soudées et en harmonie. Et aussi du fait qu'on fait tout ensemble, la composition et l'écriture. Mais si on s'était appelées Martine, Sophie ou Nathalie, ça n'aurait pas évoqué les mêmes figures. Le paradoxe était intéressant. Entre le sex-symbol des années soixante, Brigitte Bardot, la femme scandaleuse et libre. Il y a aussi la fantaisie et la folie de Brigitte Fontaine. Et puis Brigitte, ce sont aussi des femmes de 60-70 ans. C'est nos mamans, la meilleure amie de notre maman, ça peut être une voisine…
Puisqu'elles le disent !

Bonne fête à toutes les Brigitte que je connais, étonnamment toujours extraverties et enthousiastes !

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