Les Billets d'une Bobonne Bougonne

Saison 2 : Bobonne est dans le troisième âge.   Saison 1 : Réflexions d'une quinqua bientôt sexa en décompte hebdomadaire.

19/11/2017

Saison 2.4 : Sociologue des bobos

gene.pngA cette époque où pullulent par le biais de toutes sortes de médias les infos les plus diverses concernant le bien-être et la santé, il est de bon ton de s’en gaver. La normalité, la maladie physique et mentale, la recherche constante d’un mieux-être (rendue quasiment obligatoire sous peine de déphasage social), les compléments alimentaires, les pilules du bonheur… tous ces éléments doivent être intégrés dans notre quotidien parfois palpitant.

Aussi loin qu’ils remontent, mes souvenirs baignent dans le monde paramédical et médical. Je suis née en bonne santé, occupant sans aucun mérite ni gloire la quatrième position dans une fratrie qui s’agrandira, cinq ans après ma naissance, avec l’arrivée d’un petit frère. Pendant ces cinq années glorieuses, je fus chérie dans ma condition de rawette*. J’étais petite, toute petite. J’étais sensible, très sensible. Et malade… souvent malade.

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12/11/2017

Saison 2.3 : C'est cadeau !

Livre-3.jpgOn prétend toujours qu’il est plus agréable d’offrir que de recevoir, tout dépend de la réaction de l’heureux bénéficiaire. Nous sommes éduqués à nous extasier ou au moins à faire preuve d’un enthousiasme poli. Bien entendu, les cadeaux, aussi pourris soient-ils, de nos jeunes enfants crèvent le plafond de l’objectivité acceptable dont tout parent peut être capable, du collier de pâtes à la main imprimée dans du plâtre en passant par des gravures ou habillages de planche à tartiner, notre capacité de résistance à l’hypocrisie est mise à rude épreuve.

Ce n’est pas un bon exemple de mentir.

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05/11/2017

Saison 2.2 : TOC, TUC, TEC, TAC, TIC…

dubus.pngLorsque La Bobonne Bougonne m’a proposé d’écrire un billet sur son blog, j’ai d’abord pensé “To blog or not to blog, serais-je devenue une Mamy Ronchon ?”

Mais, que nenni, comme on dit chez nous en Principauté, c’est pour moi un honneur d’être ici. Comme elle, je viens de fêter mes noces d’argent avec la vie, ce qui me situe à la croisée des chemins entre la modernité et le bon vieux temps.

Tant qu’à parler de noces, je voudrais, sans fausse pudeur, vous dire quelques mots de la relation tumultueuse que j’entretiens avec les nouvelles technologies, les Technologies de l’Information et de la Communication.

 

Les TOC, c’est troublant,
Les TUC, c’est succulent,
Les TEC, ça roule de temps en temps,
Et TAC, j’ai du répondant.

Mais les TIC, … c’est rebelle ! *

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30/10/2017

Saison 2.1 : Troisième âge et tutti quanti.

momie.jpgÇa y est le cap est passé, j’ai carrément traversé six décennies en assez bon état et fais désormais partie des "trois fois vingt".
Tout un nouveau vocabulaire peut être appliqué à mon cas, enfin si je le veux/vaux bien !
Obsolète, désuet, suranné, quels jolis mots pour dire (dé)passé, démodé, ringard !
Il pourrait aussi y avoir cacochyme*, mais en principe j’ai encore une vingtaine d’années avant de mériter un tel qualificatif mélangeant phoniquement "cacophonie" et "schisme" et bien plus comique à l’oreille que son sens réel.

Oui, quand on vieillit apparemment tout devient bruit et on se coupe petit à petit du monde. Mais je n’en suis pas là, pas de prothèse auditive et je supporte encore des soirées bruyantes et conviviales avec "mes" Desperate Housewifes.

Des années qu’on vieillit de concert.

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18/10/2017

Semaine S : La der.

der.jpgLes toutes premières fois on ne s’en rend compte que passés deux, trois ans. Plus tard on les lit sur le carnet de l’ONE ou on les entend de la bouche émue de sa famille, premier sourire, premier mot, première dent, premier pas...

Puis il y a toutes celles qu’on attend vraiment, il y a notre première rentrée scolaire, notre premier frère ou sœur, notre première écriture lisible, important, le premier livre qu’on comprend.

D’une manière générale, pendant l’enfance, il n’y a que pléthore de premières fois agréables si on exclut, chute, bobo, fessée, punition, dentiste et visite médicale, le monde à découvrir tend les bras et les libertés augmentent. Les restrictions handicapantes, des "ders" donc, disparaissent, les derniers lange, petit pot, ou autre chaise haute emprisonnante, mais tu ne t’en rends pas vraiment compte tant ta vie est tournée vers tout ce que tu peux enfin faire.

Il n’y a pas beaucoup de dernières fois catastrophiques, au contraire.

Un jour, on te laisse jouer sans être surveillée, tu peux aller à l’école et rouler à vélo seule, des fois on te demande même ton avis.

A partir de 10 ans, la vie est cool.

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11/10/2017

Semaine S-1 : Etre mère

famille.jpgSi mon jeu d’intérieur préféré était Lego, les poupées avaient leur place à temps presqu’égal. En ces temps immémoriaux, offrir une poupée à une fille était je crois le premier cadeau qui venait à l’esprit et j’en ai donc eu plusieurs mais "mon" beau bébé presque grandeur nature pour lequel ma grand-mère cousait ou tricotait des vêtements c’était Eric que j’aimais plus que tout.
Je suis donc devenue mère bien avant mes six ans.

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02/10/2017

Semaine S-2 : Mon ardente !

IMG_20171004_0001.jpgLongtemps j’ai été persuadée que tu étais la plus belle au monde, toujours gaie, bien mise, on ne s’ennuyait jamais en ta compagnie. Dès que j’en ai eu le droit, d’un pas vif et presque haletante, je pus découvrir un de tes jardins avant d’autres recoins.

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27/09/2017

Semaine S-3 : Clic-clac Kodak !

photo-ludwig.jpgDans ce fabuleux grenier familial, il y avait cette grosse boîte en bois dont il fallait trouver le système d’ouverture et l’utilité. Le couvercle s’abaissait, et on pouvait déplier sur des rails un soufflet terminé par un cylindre en cuivre muni d’une espèce de loupe.
- C’est un vieil appareil photographique, me dit mon père en sortant d’un tiroir un modèle beaucoup plus petit à soufflet lui aussi, de structure et mécanisme métalliques dont j’adorais manipuler les molettes, leviers, charnières et bagues.

J’ai vite compris qu’une passion animait mes aïeuls, à cette époque, mon père nous photographiait avec un appareil type Rolleiflex, cet étrange objet qu’on ouvrait par le haut, qu’il tenait quasiment sur le ventre regardant l’image inversée projetée par le jeu des lentilles. J’aimais beaucoup faire claquer les volets protecteurs, regarder tout ce monde comiquement à l’envers autour de moi et jouer avec son flash, espèce de parabole à déployer en éventail.

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20/09/2017

Semaine S-4 : " Couvrez ce sein que je ne saurais voir ...

nu-aurore.jpg...Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées. "*
La pudeur est culturelle, si dans l’hémisphère sud certaines tribus se promènent encore naturellement nus, dans les sociétés occidentales plus normalisées la nudité pose problème.
Enfant, dès qu’on n’était plus un bébé, on devait tout cacher, la piscine était un calvaire avec ces vestiaires communs où on devait se contorsionner habilement pour passer de la petite culotte au maillot sans que ce petit triangle et ces jolies fesses musclées ne soient vus d’autres filles qui avaient les mêmes sans compter les gesticulations ridicules pour mettre ou enlever son maillot à la plage enroulée plus ou moins vainement dans la serviette de bain.
Paradoxalement, on ne mettait pas systématiquement de bikinis aux fillettes et je reculai d’ailleurs l’échéance de cet accessoire bustier gênant jusqu’à ce que ma puberté heureusement tardive m’y oblige.

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13/09/2017

Semaine S-5 : La peinture à l’huile est-ce si difficile ?

nu.jpgComme tous les enfants je fus de suite intéressée par le dessin, l’activité coloriage étant fourguée abondamment tant à la maison qu’à l’école et dans les salles d’attente, oui, je pèse mes mots.
A part entraîner la maîtrise des doigts, et provoquer une certaine zénitude due à l’abrutissement d’une tâche inutile, je ne vois pas beaucoup l’utilité des "livres à colorier", sauf l’esbaudissement exacerbé des géniteurs réconfortés de féliciter le trait qui suit la ligne donc la règle... donc la société.
A l’époque, ce n’était ni en maternelle ni en primaire qu’on ouvrait vraiment l’esprit à l’art, la créativité et l’originalité.

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06/09/2017

Semaine S-6 : Le grand déménagement !

déménagement-2.jpgJe ne me rappelle pas de mon premier déménagement, j’étais bébé et il s’agissait de traverser la rue pour rentrer dans la maison familiale que mon père avait rachetée à sa fratrie.
J’adorais cette grande maison où les deux générations précédentes avaient laissé ce qui les encombrait dans un capharnaüm presque inextricable au grenier et dans une moindre mesure en cave où bizarrement de vieux livres moisissaient dont un traité de "Constructions civiles"* qui me rendit souvent service et a encore une place d’honneur sur mon bureau.
Ces étages extrêmes étaient un terrain d’aventures et découvertes sans cesse renouvelées, des chemises sans col à très longs pans (revenant la mode à ma plus grande joie d’ado) à double manchette nécessitant des boutons dorés, au smoking et haut de forme avec gilet brodé, des meubles en acajou injustement mis au rebut, des vieux jouets, le coffre de guerre de mon aïeul sur lequel le nom était peint en blanc à la main et un violon que j’écrabouillai d’un pied maladroit, une vraie liste d’objets laissés pour compte digne de la "Complainte du progrès " de Boris Vian **!

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28/08/2017

Semaine S-7 : Spécial mode

mode.jpgAussi loin que je m’en souvienne, la mode ne m’a jamais intéressée, évidemment je l’ai suivie à mon corps quasi défendant, des pattes d’ef’ aux corsages tapisserie en passant par les épaulettes, de l’orange au jaune puis le rouge, le court, le long, le trois-quarts, jusqu’à ce que l’influence se soit calmée depuis que la mode populaire prend des voies diverses et parallèles ou alors, je m’en fous définitivement.

Les magazines uniquement "féminins" m’affligent, surtout quand il n’y a que ça dans les salles d’attente, donc je n’en feuillette que quand je suis obligée. Ce qui m’énerve encore plus c’est quand les journaux classiques se croient obligés d’éditer un supplément spécial gonzesses.
Et c’était le cas ce weekend.
Sur la couverture, en robe lamée sous une doudoune au milieu de feuilles bien vertes et estivales, elle ouvre la veste pour m’inciter à ouvrir la revue.
Je me laisse tenter, c’est samedi je suis relax et je sirote mon thé.

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23/08/2017

Semaine S-8 : Si j'avais un marteau ...

vervoz.jpgOn ne peut pas dire que je proviens d’une famille de bricoleurs ou alors ils étaient discrets !
Mon grand-père devait bien l’être un peu par nécessité tant pour entretenir jardin et poulailler mais surtout pour assouvir sa grande passion, la colombophilie, mais mon père, son beau-fils, bien que se le prétendant s’est contenté de me montrer, avec une foreuse manuelle, on savait se donner du mal, comment forer, mettre une cheville puis une vis pour pendre un cadre.
Moi, assembler, construire, j’aimai, et dès mes premiers Legos, j’accrochai.

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16/08/2017

Semaine S-9 : Voyage, voyage ...

taiwan.jpgCette période de transhumance me semble judicieuse pour parler d’une de mes activités préférées durant ces presque six décennies.
Enfant, j’ai eu la chance d’avoir des parents qui nous sortaient de Belgique mais pour pas très loin, Suisse, Espagne et bien entendu, le jardin d’Eden des belges, la France ! On ne peut pas dire que c’était la grande aventure mais de suite j’ai apprécié observer comment d’autres vivaient et ressenti l’impérieux désir de voir ça de près ... partout.

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07/08/2017

Semaine S-10 : On ne sait jamais ...

sculpture.jpgMes grands-parents ayant vécu deux guerres, l’économie et la récupération étaient une seconde nature tenant également de la bonne gestion d’un ménage en ce début de XXème siècle.
Mamy ne jetait rien, si les restes comestibles n’étaient pas ré-accommodables en mets acceptable, les poules et les oies s’en chargeaient, les vêtements fatigués étaient retaillés ou transformés en loques* si trop usés, même les pulls pouvaient être détricotés pour réutilisation, j’adorais voir les mailles se défaire, retendre le fil bouclé et refaire des pelotes dans une action destructive potentiellement constructive, pour une fois qu’on pouvait !

Les élastiques avaient leur boîte, les papiers d’emballages de chocolat en aluminium étaient soigneusement défroissés du doigt, ça aussi amusant, pliés et empilés dans un tiroir, les journaux servaient d’emballages provisoires, d’allume-feu ou de brosse efficace pour faire briller les godasses increvables, toujours ressemelées, le cuir étant de qualité à l’époque, les chaussettes évidemment reprisées et les déchets de savon agglomérés dans un vieux bas nylon. Entre autres.

Surtout ne jamais gaspiller, on ne sait jamais, on pourrait manquer.

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31/07/2017

Semaine S-11 : Mon beau miroir ...

miroir.jpgDans la maison de maître familiale construite en 1898, les miroirs avaient une place de choix sans doute décidée par mon arrière-grand-mère et la mode de l’époque.
Totalement ceints d’encadrement plus ou moins mouluré et/ou doré, les trumeaux de cheminée des belles pièces en étaient décorés offrant un contraste plus aérien au manteau habillé de lourds marbres travaillés qui entouraient le foyer soumis à leur pied.

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24/07/2017

Semaine S-12 : Femme sous pub imposée.

tshirt.jpgQuand j’étais jeune, les "réclames", c’était plutôt marrant, les pignons peints des maisons nous distrayaient durant les voyages en voiture toujours trop longs à notre goût, dans les magazines il y avait de chouettes dessins et mises en scène et celles d’avant-film au cinéma servaient d’apéritif agréable au moment impatiemment attendu où le lion allait rugir !
Il ne faut pas croire que les publicitaires étaient en reste de ruse pour capter l’achat de la ménagère, déjà à l’époque, ils se servaient des enfants.

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18/07/2017

Semaine S-13 : Quand la musique est bonne !

chien-musique.JPGDans la maison familiale, il y avait un joli piano droit laqué noir muni de deux paires de chandeliers vaillamment monté au deuxième étage mais que personne n’avait jamais eu le courage de redescendre.
Installé dans ma chambre, je pouvais donc en jouer de manière totalement inculte une fois les trois morceaux que connaissait mon père acquis. J’avais créé mes propres partitions en marquant chaque touche d’une couleur au feutre afin de pouvoir rejouer mes sublimes créations depuis le petit carnet où je les notais consciencieusement.

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10/07/2017

Semaine S-14 : Notre tante Gaby à tous

gabrielle.jpgNuméro trois d’une fratrie de six, ma marraine Gabrielle était une très jolie brunette aux fossettes et sourire ravageurs, son optimisme jamais affecté par ses nombreux accidents et autres mehins* récurrents dont le premier, les freins de son vélo qui lâchèrent dans la très pentue rue familiale, lui occasionna une rencontre désagréable avec un mur et une fracture du crâne qui lui laissa des céphalées régulières à vie, ce qui lui valut le surnom d’Harbouya**.

Ma grand-mère paternelle étant décédée jeune en 39, elle s’occupa de ses frères dès 18 ans pendant la guerre en plus, sa grande sœur ayant peu la fibre maternelle. Accessoirement, elle sauva le p’tit Jojo, mon père, suspendu, au bord du lâchage, au-dessus des escaliers par ses trois frangins sans doute irrités par le cadet !
Elle trouva néanmoins le temps de poursuivre ses études et devint assistante sociale, métier combien prédestiné pour cette altruiste intrinsèque.

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