Les Billets d'une Bobonne Bougonne

Réflexions d'une quinqua bientôt sexa en décompte hebdomadaire.

20/09/2017

Semaine S-4 : " Couvrez ce sein que je ne saurais voir ...

nu-aurore.jpg...Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées. "*
La pudeur est culturelle, si dans l’hémisphère sud certaines tribus se promènent encore naturellement nus, dans les sociétés occidentales plus normalisées la nudité pose problème.
Enfant, dès qu’on n’était plus un bébé, on devait tout cacher, la piscine était un calvaire avec ces vestiaires communs où on devait se contorsionner habilement pour passer de la petite culotte au maillot sans que ce petit triangle et ces jolies fesses musclées ne soient vus d’autres filles qui avaient les mêmes sans compter les gesticulations ridicules pour mettre ou enlever son maillot à la plage enroulée plus ou moins vainement dans la serviette de bain.
Paradoxalement, on ne mettait pas systématiquement de bikinis aux fillettes et je reculai d’ailleurs l’échéance de cet accessoire bustier gênant jusqu’à ce que ma puberté heureusement tardive m’y oblige.

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13/09/2017

Semaine S-5 : La peinture à l’huile est-ce si difficile ?

nu.jpgComme tous les enfants je fus de suite intéressée par le dessin, l’activité coloriage étant fourguée abondamment tant à la maison qu’à l’école et dans les salles d’attente, oui, je pèse mes mots.
A part entraîner la maîtrise des doigts, et provoquer une certaine zénitude due à l’abrutissement d’une tâche inutile, je ne vois pas beaucoup l’utilité des "livres à colorier", sauf l’esbaudissement exacerbé des géniteurs réconfortés de féliciter le trait qui suit la ligne donc la règle... donc la société.
A l’époque, ce n’était ni en maternelle ni en primaire qu’on ouvrait vraiment l’esprit à l’art, la créativité et l’originalité.

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06/09/2017

Semaine S-6 : Le grand déménagement !

déménagement-2.jpgJe ne me rappelle pas de mon premier déménagement, j’étais bébé et il s’agissait de traverser la rue pour rentrer dans la maison familiale que mon père avait rachetée à sa fratrie.
J’adorais cette grande maison où les deux générations précédentes avaient laissé ce qui les encombrait dans un capharnaüm presque inextricable au grenier et dans une moindre mesure en cave où bizarrement de vieux livres moisissaient dont un traité de "Constructions civiles"* qui me rendit souvent service et a encore une place d’honneur sur mon bureau.
Ces étages extrêmes étaient un terrain d’aventures et découvertes sans cesse renouvelées, des chemises sans col à très longs pans (revenant la mode à ma plus grande joie d’ado) à double manchette nécessitant des boutons dorés, au smoking et haut de forme avec gilet brodé, des meubles en acajou injustement mis au rebut, des vieux jouets, le coffre de guerre de mon aïeul sur lequel le nom était peint en blanc à la main et un violon que j’écrabouillai d’un pied maladroit, une vraie liste d’objets laissés pour compte digne de la "Complainte du progrès " de Boris Vian **!

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28/08/2017

Semaine S-7 : Spécial mode

mode.jpgAussi loin que je m’en souvienne, la mode ne m’a jamais intéressée, évidemment je l’ai suivie à mon corps quasi défendant, des pattes d’ef’ aux corsages tapisserie en passant par les épaulettes, de l’orange au jaune puis le rouge, le court, le long, le trois-quarts, jusqu’à ce que l’influence se soit calmée depuis que la mode populaire prend des voies diverses et parallèles ou alors, je m’en fous définitivement.

Les magazines uniquement "féminins" m’affligent, surtout quand il n’y a que ça dans les salles d’attente, donc je n’en feuillette que quand je suis obligée. Ce qui m’énerve encore plus c’est quand les journaux classiques se croient obligés d’éditer un supplément spécial gonzesses.
Et c’était le cas ce weekend.
Sur la couverture, en robe lamée sous une doudoune au milieu de feuilles bien vertes et estivales, elle ouvre la veste pour m’inciter à ouvrir la revue.
Je me laisse tenter, c’est samedi je suis relax et je sirote mon thé.

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23/08/2017

Semaine S-8 : Si j'avais un marteau ...

vervoz.jpgOn ne peut pas dire que je proviens d’une famille de bricoleurs ou alors ils étaient discrets !
Mon grand-père devait bien l’être un peu par nécessité tant pour entretenir jardin et poulailler mais surtout pour assouvir sa grande passion, la colombophilie, mais mon père, son beau-fils, bien que se le prétendant s’est contenté de me montrer, avec une foreuse manuelle, on savait se donner du mal, comment forer, mettre une cheville puis une vis pour pendre un cadre.
Moi, assembler, construire, j’aimai, et dès mes premiers Legos, j’accrochai.

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16/08/2017

Semaine S-9 : Voyage, voyage ...

taiwan.jpgCette période de transhumance me semble judicieuse pour parler d’une de mes activités préférées durant ces presque six décennies.
Enfant, j’ai eu la chance d’avoir des parents qui nous sortaient de Belgique mais pour pas très loin, Suisse, Espagne et bien entendu, le jardin d’Eden des belges, la France ! On ne peut pas dire que c’était la grande aventure mais de suite j’ai apprécié observer comment d’autres vivaient et ressenti l’impérieux désir de voir ça de près ... partout.

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07/08/2017

Semaine S-10 : On ne sait jamais ...

sculpture.jpgMes grands-parents ayant vécu deux guerres, l’économie et la récupération étaient une seconde nature tenant également de la bonne gestion d’un ménage en ce début de XXème siècle.
Mamy ne jetait rien, si les restes comestibles n’étaient pas ré-accommodables en mets acceptable, les poules et les oies s’en chargeaient, les vêtements fatigués étaient retaillés ou transformés en loques* si trop usés, même les pulls pouvaient être détricotés pour réutilisation, j’adorais voir les mailles se défaire, retendre le fil bouclé et refaire des pelotes dans une action destructive potentiellement constructive, pour une fois qu’on pouvait !

Les élastiques avaient leur boîte, les papiers d’emballages de chocolat en aluminium étaient soigneusement défroissés du doigt, ça aussi amusant, pliés et empilés dans un tiroir, les journaux servaient d’emballages provisoires, d’allume-feu ou de brosse efficace pour faire briller les godasses increvables, toujours ressemelées, le cuir étant de qualité à l’époque, les chaussettes évidemment reprisées et les déchets de savon agglomérés dans un vieux bas nylon. Entre autres.

Surtout ne jamais gaspiller, on ne sait jamais, on pourrait manquer.

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31/07/2017

Semaine S-11 : Mon beau miroir ...

miroir.jpgDans la maison de maître familiale construite en 1898, les miroirs avaient une place de choix sans doute décidée par mon arrière-grand-mère et la mode de l’époque.
Totalement ceints d’encadrement plus ou moins mouluré et/ou doré, les trumeaux de cheminée des belles pièces en étaient décorés offrant un contraste plus aérien au manteau habillé de lourds marbres travaillés qui entouraient le foyer soumis à leur pied.

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24/07/2017

Semaine S-12 : Femme sous pub imposée.

tshirt.jpgQuand j’étais jeune, les "réclames", c’était plutôt marrant, les pignons peints des maisons nous distrayaient durant les voyages en voiture toujours trop longs à notre goût, dans les magazines il y avait de chouettes dessins et mises en scène et celles d’avant-film au cinéma servaient d’apéritif agréable au moment impatiemment attendu où le lion allait rugir !
Il ne faut pas croire que les publicitaires étaient en reste de ruse pour capter l’achat de la ménagère, déjà à l’époque, ils se servaient des enfants.

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18/07/2017

Semaine S-13 : Quand la musique est bonne !

chien-musique.JPGDans la maison familiale, il y avait un joli piano droit laqué noir muni de deux paires de chandeliers vaillamment monté au deuxième étage mais que personne n’avait jamais eu le courage de redescendre.
Installé dans ma chambre, je pouvais donc en jouer de manière totalement inculte une fois les trois morceaux que connaissait mon père acquis. J’avais créé mes propres partitions en marquant chaque touche d’une couleur au feutre afin de pouvoir rejouer mes sublimes créations depuis le petit carnet où je les notais consciencieusement.

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10/07/2017

Semaine S-14 : Notre tante Gaby à tous

gabrielle.jpgNuméro trois d’une fratrie de six, ma marraine Gabrielle était une très jolie brunette aux fossettes et sourire ravageurs, son optimisme jamais affecté par ses nombreux accidents et autres mehins* récurrents dont le premier, les freins de son vélo qui lâchèrent dans la très pentue rue familiale, lui occasionna une rencontre désagréable avec un mur et une fracture du crâne qui lui laissa des céphalées régulières à vie, ce qui lui valut le surnom d’Harbouya**.

Ma grand-mère paternelle étant décédée jeune en 39, elle s’occupa de ses frères dès 18 ans pendant la guerre en plus, sa grande sœur ayant peu la fibre maternelle. Accessoirement, elle sauva le p’tit Jojo, mon père, suspendu, au bord du lâchage, au-dessus des escaliers par ses trois frangins sans doute irrités par le cadet !
Elle trouva néanmoins le temps de poursuivre ses études et devint assistante sociale, métier combien prédestiné pour cette altruiste intrinsèque.

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05/07/2017

Semaine S-15 : Au poil !

poil.jpgLa vie est mal faite, les dents tombent mais les poils repoussent.
Si mon père utilisait un rasoir électrique et s’aspergeait sommairement d’after-shave, mon grand-père était une fois de plus, passionnant à observer.

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26/06/2017

Semaine S-16 : Xénos-phobos

xenophobie.jpgLa peur de l’étranger est, je le crains, intrinsèque à la vie, y a-t-il une seule espèce vivante qui accueille l’inconnu sans méfiance ?
Instinct de survie dirais-je.
En cas d’intrusion, les chiens aboient, les chats feulent, les oiseaux s’envolent et si un animal s’approche d’un autre c’est généralement qu’il a faim, à peine une métaphore dans les sociétés humaines qui phagocytent les faibles.
Tous les enfants règlent leur comportement social sur ce qu’ils voient autour d’eux et dans les années d’or, on se méfiait des étrangers.

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18/06/2017

Semaine S-17 : La mer

mer.jpgJ’ai rencontré la mer que je ne marchais pas encore et il paraît que mes premiers mots furent "pieds-pieds, l’eau-l’eau", oui, j’ai parlé très tôt ceci expliquant certainement ma tendance récurrente à parler sans concision !

La veille du départ à la côte, c’était le branle-bas, il ne fallait pas me demander deux fois de préparer les jeux de plage.
Je dévalais prestement les escaliers de la cave où étaient rangés tous ces trésors sentant encore la marée.

La pelle, instrument majeur de mon esprit constructif, les seaux qui transporteraient l’eau nécessaire à la stabilité, un râteau et quelques formes pour la décoration composaient la base essentielle à des heures de plaisir dans le sable, sans oublier les billes, les restes de papier crépon, les tiges et fils de fer pour créer le plus beau des magasins de fleurs.
Pour les joies aquatiques, le masque à tuba incorporé, le petit canoë "Fina", et le filet à crevettes étaient incontournables.
Pour le sport, le jokari, les raquettes Donnay en bois et les patins à roulettes complétaient l’équipement.

On était paré.

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13/06/2017

Semaine S-18 : T'as beau pas être beau...

moche2.jpgNier l’exigence de beauté du monde vivant est carrément nier la pérennité de sa reproduction.
Les végétaux, les animaux, des hommes et femmes plateau en passant par les longs cous birmans, aux horribles mutilations et contraintes diverses, partout sur terre on se pare d’atouts ou même, pour les humains, se torture pour plaire, pas une société qui n’ait ses critères de beauté.
Parfois même on se sous-alimente pour y parvenir.

La plupart des bébés naissent avec un a priori "adorationnel" et inconditionnel familial pour ce petit être affrontant la vie avec ses tares et avantages génétiques, j’appartins heureusement à la catégorie "beau bébé", ce qui voulait dire dodu, et je n’eus donc guère de séquelles psychologiques inconscientes comme deux connaissances ayant été clairement déclarées laides à la naissance par leur entourage, malgré tout devenues très avenantes, rien n’est donc jamais perdu.

Mais une fois que l’enfant quitte le cocon familial, les critiques fusent et la construction d’un moi satisfait passe par beaucoup d’épreuves.

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05/06/2017

Semaine S-19 : Lire, c'est l'avenir.

livres.JPGOn peut dire que ce fut une révélation, quand je compris que ma rentrée à la grande école allait me permettre de me passionner pour des histoires, télévision encore absente, sans dépendre de quiconque, je m’appliquai pour apprendre à lire au plus vite.

Mon premier livre fut "Oui-Oui au pays des jouets" écrit en bien grand et avec, j’imagine, un vocabulaire à ma portée mais qui m’intéressa peu, apparemment avec raison, puis assez vite, j’écumai tout bouquin mis à ma portée comme les vieux "Les malheurs de Sophie" de ma mère avec leurs illustrations d’un autre temps, bien qu’enfant assez sage, je n’eus aucun mal à me projeter dans les déboires de l’héroïne dont la curiosité n’avait d’égale que la mienne mais l’entraînant systématiquement dans des péripéties inattendues se terminant par punitions, fessées et autres sévices d’une éducation autoritaire effrayante qui avait un siècle.

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31/05/2017

Semaine S-20 : Quel cinéma !

Mgmlogo_new.jpgLa belle entrée du cinéma Palace du Pont d’Avroy, les ouvreuses, les dorures, les sièges de velours rouge, les eskimos et surtout ce film, La mélodie du bonheur, rendirent ma première séance évidemment inoubliable et moi définitivement fan inconditionnelle des comédies musicales même si les gens commencent à chanter de manière inopinée à tout bout de chant champ.

Si à l’époque, le fait d’habiller la famille Von Trapp en deux temps trois mouvements de tentures fleuries (même les garçons !) ne me parut pas plus incongru ni impossible que ça, mon esprit définitivement critique s’aiguisant avec l’âge, je souffre d’une tare très énervante.

Les erreurs, les incohérences et les impossibilités dans les films m’agacent !

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22/05/2017

Semaine S-21 : T'es pas comme nous !

clan.jpgL’être humain a l’esprit grégaire, je ne sais si on doit vraiment s’en réjouir quand on voit ce que ça donne.
Jusque là innocent, l’enfant commence l’apprentissage de la vie en société dès qu’il quitte le giron familial pour l’école et pour les moins veinards, la crèche.
Je considère avoir eu de la chance car je n’ai découvert le cruel microcosme enfantin qu’à partir des deux derniers trimestres de troisième maternelle.
Et le choc fut rude.

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16/05/2017

Semaine S-22 : Écris quelque chose de drôle ! 

facebook-blog.jpgUne amie me dit que je parle trop de moi, je lui réponds que c’est un peu l’idée.

- Mais ça devient chiant...

Être drôle n’est pas donné à tout le monde et se fait généralement lâchement au détriment d’autrui.

Je lui dis que je ne peux décemment pas me foutre de la gueule, et pourtant j’ai des idées, de mes contacts Facebook qui publient sempiternellement le même genre de posts.

- Et pourquoi pas ?

C’est vrai qu’entre partage de passions, d’amours et d’idées fixes, je n’ai que l’embarras du choix des petites obsessions de mes zamis.

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10/05/2017

Semaine S-23 : Ma cousine et les choses de la vie.

cousine.jpgMa cousine, plutôt rieuse de nature, nous a fait une sale blague il y a deux ans. A soixante ans, son cœur l’a abandonnée inopinément et nous avec.
Enfant, en attendant que je puisse échanger avec ma petite sœur, c’était avec elle que je communiquais le plus. C’était ma grande frangine, mon professeur des choses de la vie et quand on naît dans une époque où on pense peu à en informer les enfants, c’est précieux.

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