Les Billets d'une Bobonne Bougonne

Réflexions d'une quinqua bientôt sexa en décompte hebdomadaire.

18/07/2017

Semaine S-13 : Quand la musique est bonne !

chien-musique.JPGDans la maison familiale, il y avait un joli piano droit laqué noir muni de deux paires de chandeliers vaillamment monté au deuxième étage mais que personne n'avait jamais eu le courage de redescendre.
Installé dans ma chambre, je pouvais donc en jouer de manière totalement inculte une fois les trois morceaux que connaissait mon père acquis. J'avais créé mes propres partitions en marquant chaque touche d'une couleur au feutre afin de pouvoir rejouer mes sublimes créations depuis le petit carnet où je les notais consciencieusement.

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10/07/2017

Semaine S-14 : Notre tante Gaby à tous

gabrielle.jpgNuméro trois d’une fratrie de six, ma marraine Gabrielle était une très jolie brunette aux fossettes et sourire ravageurs, son optimisme jamais affecté par ses nombreux accidents et autres mehins* récurrents dont le premier, les freins de son vélo qui lâchèrent dans la très pentue rue familiale, lui occasionna une rencontre désagréable avec un mur et une fracture du crâne qui lui laissa des céphalées régulières à vie, ce qui lui valut le surnom d'Harbouya**.

Ma grand-mère paternelle étant décédée jeune en 39, elle s’occupa de ses frères dès 18 ans pendant la guerre en plus, sa grande sœur ayant peu la fibre maternelle. Accessoirement, elle sauva le p’tit Jojo, mon père, suspendu, au bord du lâchage, au-dessus des escaliers par ses trois frangins sans doute irrités par le cadet !
Elle trouva néanmoins le temps de poursuivre ses études et devint assistante sociale, métier combien prédestiné pour cette altruiste intrinsèque.

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26/06/2017

Semaine S-16 : Xénos-phobos

xenophobie.jpgLa peur de l'étranger est, je le crains, intrinsèque à la vie, y a-t-il une seule espèce vivante qui accueille l'inconnu sans méfiance ?
Instinct de survie dirais-je.
En cas d’intrusion, les chiens aboient, les chats feulent, les oiseaux s'envolent et si un animal s'approche d'un autre c'est généralement qu'il a faim, à peine une métaphore dans les sociétés humaines qui phagocytent les faibles.
Tous les enfants règlent leur comportement social sur ce qu'ils voient autour d'eux et dans les années d'or, on se méfiait des étrangers.

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18/06/2017

Semaine S-17 : La mer

mer.jpgJ'ai rencontré la mer que je ne marchais pas encore et il paraît que mes premiers mots furent "pieds-pieds, l’eau-l’eau", oui, j’ai parlé très tôt ceci expliquant certainement ma tendance récurrente à parler sans concision !

La veille du départ à la côte, c’était le branle-bas, il ne fallait pas me demander deux fois de préparer les jeux de plage.
Je dévalais prestement les escaliers de la cave où étaient rangés tous ces trésors sentant encore la marée.

La pelle, instrument majeur de mon esprit constructif, les seaux qui transporteraient l’eau nécessaire à la stabilité, un râteau et quelques formes pour la décoration composaient la base essentielle à des heures de plaisir dans le sable, sans oublier les billes, les restes de papier crépon, les tiges et fils de fer pour créer le plus beau des magasins de fleurs.
Pour les joies aquatiques, le masque à tuba incorporé, le petit canoë "Fina", et le filet à crevettes étaient incontournables.
Pour le sport, le jokari, les raquettes Donnay en bois et les patins à roulettes complétaient l’équipement.

On était paré.

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13/06/2017

Semaine S-18 : T'as beau pas être beau...

moche2.jpgNier l’exigence de beauté du monde vivant est carrément nier la pérennité de sa reproduction.
Les végétaux, les animaux, des hommes et femmes plateau en passant par les longs cous birmans, aux horribles mutilations et contraintes diverses, partout sur terre on se pare d'atouts ou même, pour les humains, se torture pour plaire, pas une société qui n'ait ses critères de beauté.
Parfois même on se sous-alimente pour y parvenir.

La plupart des bébés naissent avec un a priori "adorationnel" et inconditionnel familial pour ce petit être affrontant la vie avec ses tares et avantages génétiques, j’appartins heureusement à la catégorie "beau bébé", ce qui voulait dire dodu, et je n’eus donc guère de séquelles psychologiques inconscientes comme deux connaissances ayant été clairement déclarées laides à la naissance par leur entourage, malgré tout devenues très avenantes, rien n'est donc jamais perdu.

Mais une fois que l’enfant quitte le cocon familial, les critiques fusent et la construction d’un moi satisfait passe par beaucoup d’épreuves.

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05/06/2017

Semaine S-19 : Lire, c'est l'avenir.

livres.JPGOn peut dire que ce fut une révélation, quand je compris que ma rentrée à la grande école allait me permettre de me passionner pour des histoires, télévision encore absente, sans dépendre de quiconque, je m'appliquai pour apprendre à lire au plus vite.

Mon premier livre fut "Oui-Oui au pays des jouets" écrit en bien grand et avec, j'imagine, un vocabulaire à ma portée mais qui m’intéressa peu, apparemment avec raison, puis assez vite, j'écumai tout bouquin mis à ma portée comme les vieux "Les malheurs de Sophie" de ma mère avec leurs illustrations d'un autre temps, bien qu'enfant assez sage, je n'eus aucun mal à me projeter dans les déboires de l'héroïne dont la curiosité n'avait d'égale que la mienne mais l'entraînant systématiquement dans des péripéties inattendues se terminant par punitions, fessées et autres sévices d'une éducation autoritaire effrayante qui avait un siècle.

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31/05/2017

Semaine S-20 : Quel cinéma !

Mgmlogo_new.jpgLa belle entrée du cinéma Palace du Pont d'Avroy, les ouvreuses, les dorures, les sièges de velours rouge, les eskimos et surtout ce film, La mélodie du bonheur, rendirent ma première séance évidemment inoubliable et moi définitivement fan inconditionnelle des comédies musicales même si les gens commencent à chanter de manière inopinée à tout bout de chant champ.

Si à l'époque, le fait d'habiller la famille Von Trapp en deux temps trois mouvements de tentures fleuries (même les garçons !) ne me parut pas plus incongru ni impossible que ça, mon esprit définitivement critique s'aiguisant avec l'âge, je souffre d'une tare très énervante.

Les erreurs, les incohérences et les impossibilités dans les films m'agacent !

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22/05/2017

Semaine S-21 : T'es pas comme nous !

clan.jpgL'être humain a l'esprit grégaire, je ne sais si on doit vraiment s'en réjouir quand on voit ce que ça donne.
Jusque là innocent, l'enfant commence l'apprentissage de la vie en société dès qu'il quitte le giron familial pour l'école et pour les moins veinards, la crèche.
Je considère avoir eu de la chance car je n'ai découvert le cruel microcosme enfantin qu'à partir des deux derniers trimestres de troisième maternelle.
Et le choc fut rude.

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16/05/2017

Semaine S-22 : Écris quelque chose de drôle ! 

facebook-blog.jpgUne amie me dit que je parle trop de moi, je lui réponds que c'est un peu l'idée.

- Mais ça devient chiant...

Être drôle n'est pas donné à tout le monde et se fait généralement lâchement au détriment d'autrui.

Je lui dis que je ne peux décemment pas me foutre de la gueule, et pourtant j'ai des idées, de mes contacts Facebook qui publient sempiternellement le même genre de posts.

- Et pourquoi pas ?

C'est vrai qu'entre partage de passions, d'amours et d'idées fixes, je n'ai que l'embarras du choix des petites obsessions de mes zamis.

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10/05/2017

Semaine S-23 : Ma cousine et les choses de la vie.

cousine.jpgMa cousine, plutôt rieuse de nature, nous a fait une sale blague il y a deux ans. A soixante ans, son cœur l'a abandonnée inopinément et nous avec.
Enfant, en attendant que je puisse échanger avec ma petite sœur, c'était avec elle que je communiquais le plus. C'était ma grande frangine, mon professeur des choses de la vie et quand on naît dans une époque où on pense peu à en informer les enfants, c'est précieux.

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02/05/2017

Semaine S-24 : Sur mesure !

marylin.jpgBobonne en robe reste un événement rare et généralement applaudi mais de temps en temps elle succombe à la féminité socialement nécessaire et présentement doit se trouver une robe pour un mariage.
Ses proportions devenant de moins en moins standard et malgré les pubs subtilement ciblées de Facebook, elle ne trouve pas de vêtement assez original, confortable, élégant avec une couleur qui lui convient.
Bobonne décide donc de se faire faire une robe sur mesure !
Ce n'est pas de gaîté de cœur puisque, petite, ses mère et grand-mère s'obstinaient à l'habiller en fait-maison qui imposait des séances incompatibles avec sa patience déjà assez inexistante.

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24/04/2017

Semaine S-25 : Douce France

france.jpgPremier pays touristique au monde, mon deuxième pays, lieu de nombreux séjours toujours plaisants.
Je n'irais pas dire que j'en connais tous les recoins mais j'en ai déjà vu beaucoup.
Des premiers souvenirs concrets de vacances, j'en garde le grand départ avec les parents stressés pour ne pas dire en dispute, l'un regardant le planning et les valises bondées de l'autre comptabilisant les dernières choses qu'ils ne faut pas oublier, nous impatientes de déjà y être et installant sur la banquette arrière les limites à ne pas dépasser particulièrement lors du dodo de nuit où les coups de pieds volontaires et involontaires se perdaient.

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17/04/2017

Semaine S-26 : La foi.

bapteme.jpgAlors que plus d'un tiers de la population mondiale est censée fêter la prétendue résurrection d'un homme crucifié il y a deux millénaires, il m'a semblé logique d'aborder ce sujet qui a quand même bien occupé une partie de ma vie.

A cinq jours je suis devenue catholique, vagissant pour l'occasion, expression sans doute inconsciente de ce mécontentement de me faire ainsi embrigader à mon corps défendant, à moins que cette aspersion glacée en plein octobre m'ait carrément agacée ! A l'époque le baptême était fait le plus vite possible après la naissance pour éviter qu'un bébé mourant précocement ne termine dans les flammes de l'Enfer sans avoir reçu l'onction divine !

Je ne me rappelle évidemment pas de cette première confrontation concrète à la religion mais bien des messes hebdomadaires obligatoires qui s'en suivirent et qui étaient un spectacle à part entière. Il faut dire qu'à l'époque la mise en scène était marquante.

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10/04/2017

Semaine S-27 : Architecte, quel beau métier !

architecte.jpgÇa y est ! Après bac plus cinq et un chouïa, je me retrouve avec ce précieux diplôme sésame d'une carrière mirifique dans ce beau métier tellement bien considéré à constater le nombre de fois où un héro de film est architecte, généralement aisé. C'est là où la réalité est loin de la fiction !
D'abord, il fallait trouver un stage (obligatoire) généralement mal payé pendant deux ans et si possible un client voulant exploiter euh, faire confiance à un jeune architecte, femme, à une époque où cela paraissait encore incongru. A l'annonce de mon métier, "je suis architecte", la réplique était pratiquement toujours "d'intérieur ?". Non, une vraie.

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03/04/2017

Semaine S-28 : C'est quand qu'on est vieux?

vieille-martinique.jpgC'est un peu comme au sujet de la beauté qui est bien entendu avant tout intérieure, l'âge est, paraît-il, une question de mentalité. Il suffit d'être jeune dans la tête et voilà, c'est réglé.
Sauf que non. 
Les pessimistes disent qu'on a l'âge de ses artères, ça ne veut rien dire stricto sensu, une étude assez édifiante prouve le contraire : des personnes de 38 ans peuvent avoir un corps âgé de 28 à 61 ans *!
Oublions donc toutes les avanies corporelles plus ou moins dues à notre génétique dans toute sa criante injustice y compris la triste dégénérescence neuronale et l'entretien défaillant ou magnifique de notre machine dû à des facteurs plus culturels et éducationnels.

Observons objectivement.

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27/03/2017

Semaine S-29 : L'anglais et moi.

anglais.jpgSi l'anglais moyen a un physique difficile à la Mr Bean, prince Charles ou Ed Sheeran, l'anglais qui fait fantasmer a plus la tête de Timothy Dalton, Jude Law et évidemment pour toute sexa normalement constituée, Sean Connery bien qu'il puisse être son père.
Mais je ne vais pas parler de cet anglais-là aujourd'hui ...
Non, pas l'anglais moyen dont les dents sont parfaitement conçues pour zozoter le "the" en sirotant le thé, la langue et la gorge assez souples pour avaler les "R" et l'esprit assez open pour inverser le sens logique francophone des mots, isn't it ?

Non, je veux parler de l'anglais, la langue, et pas celle que d'aucuns auraient titillée in situ dans un échange linguistique bien nommé.

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20/03/2017

Semaine S-30 : Les bras de Morphée.

sommeil.jpgCe divin éphèbe* m'a toujours touchée de sa grâce et je suis capable de m'endormir absolument partout. Je me demande même si je ne détiens pas un petit record de lieux insolites par rapport à la moyenne.
J'ai dormi sous tente, souvent, sous 20 cm de neige à Vielsalm, au milieu des myrtilles au Québec, y compris dans la brousse zambienne au plus près d'un feu censé éloigner les fauves, à la belle étoile dans les champs au son des cigales, sur des plages avec le ressac comme délicieuse berceuse, sur du béton dans le garage d'une cure, dans le hall de gare d'Avignon, sur des bancs publics, dans un sauna finlandais abandonné, hélas pas par le moustique qui me transforma la bouche en bec de canard !

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13/03/2017

Semaine S-31 : La télévision, ma meilleure ennemie.

courrier-course.jpgJe suis née un an après le premier journal télévisé 100% belge à une époque où la RTB n'émettait que quelques heures par jour.
Ça fait vieux !
Tout comme me dire que ma grand-mère paternelle est née un an avant l'invention du cinématographe des frères Lumière (1895) et mon père un an après la sortie du premier film parlant (1927) !
Comme quoi, dans la famille, on sait reconnaître les dates importantes pour gaiement vagir dans ce monde impitoyable mais entouré de merveilleux télévisuel.

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06/03/2017

Semaine S-32 : Scoute toujours!

patrouille.jpgLe scoutisme a une aura mitigée. Entre les passionnés et les détracteurs, il y a pléthore d'arguments.
Ceux des contre : espèces de fascistes, attardés, démodés, cathos, de droite, etc.
Ceux des pour : le monde merveilleux des vie en société, partage, altruisme, respect des autres et de la nature, engagement, tradition, etc.
Ceux des ultra contre : pédophilie, uniformité, beuveries (ce qui devient vrai) et sans doute bien d'autres critiques.

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